Le Dieu du Stade

Avis sur La Couleur de la victoire

Avatar Manon C.
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Stephen Hopkins choisit de centrer sa biopic de Jesse Owens sur trois grandes années fondatrices de sa renommée internationale : de 1933 lors de son entrée à l'Université d'Ohio jusqu'à la fin des jeux en 1935 (ah mais ça fait deux ça pas trois je sais mais ça dépasse un peu sur les bords).

Premier bon ressenti de ce choix: ne centrer le film que sur l'essentiel, sans trop de chichi et d'extrapolation pour laisser à la limite de possibles épilogues sous des photos d'archives à la fin. Dernièrement j'ai assez critiqué les films biopic parce que, avouons-le, c'est une grosse tendance en cinématographie ces derniers temps et la plupart garde un rythme très lent, très propre au biopic qui se dévoile sans surprise.
Ici, loin de là, ce film qui se passe en 1930 semble faire écho à notre actualité, d'où le choix je pense du réalisateur de faire ce film maintenant. Entre ségrégation, oppression, montée du nazisme, outre les décors qui nous font remonter 80 ans en arrière, on en ressent certaines tensions actuelles.

En arrivant à l'université, Owens rencontre Larry, son futur coach, blanc, qui est bien le seul à ne pas regarder sa couleur de peau mais bien l'homme au don naturel pour courir. D'une famille pauvre, laissant femme et fille sur place, Jesse vient grossier les rangs d'universitaires dans une Amérique qui n'a que le plus bas des respects pour les Noirs. Hors en même temps en Allemagne s'organise les Jeux Olympiques que le comité international américain des JO souhaite boycotter en raison des rumeurs encore très faibles des actes commis par les nazis envers certaines minorités. Au vu de la longueur de la phrase vous comprenez la lourdeur mais aussi la délicatesse du sujet.

Les acteurs sont tous très bons, autant coté américain que coté allemand mais surtout le film est très bien rythmé. Comme scène bien pensée on a notamment la première compétition inter-universitaire où l'heure s'affiche à l'écran entre chaque épreuve et nous fait réaliser qu'Owens a pulvérisé 3 records en 30 minutes. La légende est née.

Le film ne fait que monter en puissance puisque la pression raciale vient s'ajouter un peu plus à la pression sportive chaque pas franchi vers les Jeux Olympiques. Bien sûr on en connait le dénouement de ces fameux jeux dont le deuxième choix bien ressenti c'est aussi de centrer les dialogues sur beaucoup d'humour et de complicité. Entre Jesse et ses coéquipiers juifs, entre Jesse et l'athlète allemand que le nazisme répugne, entre Jesse et le reste du monde.

Le temps passe très rapidement, on ne s'ennuie aucunement, et on découvre non seulement un athlète humble et herculéen mais aussi l'envers du décor de la jolie façade entourant toute l'organisation des JO de 1933.

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