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Comme le proclamait le titre d'un film (plutôt nul) de 2001 : les gens en maillot de bain ne sont pas (forcément) superficiels. Ou plus exactement, ils peuvent considérer comme graves des choses qui ne le sont que sur le moment, surtout au temps de la jeunesse. Mektoub my love (canto uno), nouvel opus d'Abdellatif Kechiche, est entièrement dévolu au marivaudage et à l'exaltation des corps et des sentiments, sous le soleil exactement. Il est vrai que le réalisateur aime particulièrement les beautés callipyges et que sa caméra baladeuse semble parfois maniée par un voyeur impénitent. C'est un peu beaucoup et la toute première scène ne s'imposait peut-être pas car on aurait malgré tout compris que le désir est une composante essentielle de Mektoub my love. Exact également que le film ne s'appuie quasiment sur aucun scénario, à part la circulation des emballements amoureux d'un personnage à l'autre. A ce propos, Amin, le héros ténébreux et à l'écoute est sans aucun doute le plus intéressant, de par son recul sur ce petit monde dont il semble principalement spectateur et auditeur. Le film, c'est une bonne habitude chez Kechiche, séduit par son traitement singulier du temps, son sens du naturalisme et une direction d'acteurs époustouflante. Comment dire : il ne se passe presque rien et pourtant, l'on ne ressent aucun ennui devant des dialogues simples qui sonnent juste et grâce à une mise en scène limpide qui rend les extérieurs lumineux et ses interprètes d'une invraisemblable beauté. C'est peu dire que Kechiche a peu sinon pas d'équivalent aujourd'hui dans le cinéma français. Cela n'empêche pas de trouver des défauts à Mektoub comme à La vie d'Adèle et à La graine et le mulet mais au final, il y a ces moments d'épiphanie, comme ici un agnelage où même la brebis semble être sous le charme du cinéaste.

6nezfil
7
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