Voici venir un nouveau récit de division fraternelle entre d’un côté un chirurgien dans un grand hôpital de Séoul porté par des idéaux progressistes essentiellement axés autour de postures morales (donc dépolitisées) et de l'autre un avocat profitant pleinement et consciemment de sa position sociale très favorisée sans pour autant tomber dans une jouissance hédoniste et obscène que nous offrirait une caractérisation basse du front.
Les 2 personnages sont donc écrits dans le but de laisser une marge empathique au spectateur, l'objectif étant d'arriver à une situation de relative neutralité (bien qu'à la moitié du film on soit amené à pencher plutôt du côté du chirurgien mais sans pour autant sacrifier l'avocat) avant l'avènement de l'incident pivot qui fera basculer notre jugement.
C'est en effet lorsque le fils du chirurgien se retrouve impliqué dans une affaire de meurtre que l'on découvre, oh surprise, qu'il sait très bien reconnaître sa place dans la classe dominante et est prêt à faire feu de tous bois pour la préserver face à la justice, abandonnant toutes ses maximes de façade sur le prétendu manque d'intégrité de son frère.
Ce n'est pas très fin, assez prévisible et amené avec des gros sabots, pourtant il advient toujours ce plaisir simple de voir ces théorèmes assez balisés sur la société mis en application.
On ne retrouve pas la jouissance de mise en scène d'un Parasite ou une représentation aussi juste de la mise en confrontation entre idéaux et intérêts de classe d'un Armageddon Time mais ma foi c'est le genre de petit contentement qui est toujours bon à prendre au sein de l'entreprise de divertissement de plus en plus essoufflée qu'est le cinéma Coréen.