8
226 critiques
All that jazz
Cure-dent au bec, sourire en coin, chemise négligée, gueule d'ange qui a roulé sa bosse. Le gars s'appelle Tequila, donne le La dans les jazz bar, boit le thé à l'aube et travaille comme flic à Hong...
le 16 nov. 2014
La ressortie de À toute épreuve (hard boiled en vo) en salles dans une version restaurée 4k est l'occasion de vérifier si le dernier rejeton de John Woo avant son départ chez l'oncle Sam est bel et bien « le film d'action terminal » comme de nombreuses critiques l'affirment.
Les personnages sont donc embarqués dans un tourbillon de violence décliné autour de trois grands morceaux de bravoure dont l'action va crescendo. L'action y est toujours lisible et dynamique. Bien que des dizaines de personnages soient impliqués dans de vastes décors, le spectateur ne perd jamais ses repères spatiaux et parvient à suivre de manière claire la progression de l'action, le tout sublimé par la bande-son. Loin des montages hyper coupés dont le cinéma occidental nous abreuve, les fusillades sont filmées comme des ballets nous permettant de sublimer les cascades et les nombreux effets pyrotechniques. Ce dernier point est particulièrement important. À une époque où les effets numériques n'étaient pas la norme, le film transpire d'effets en dure qui rendent le visionnage extrêmement immersif, on sent que les acteurs ont eu chaud sur le tournage, dans tous les sens du terme.
John Woo n'oublie pas non plus de valoriser ces scènes grâce au scénario. Elles permettent de cristalliser les tensions entre les personnages et aborder les thèmes qui lui sont chers : l'honneur et la loyauté, l'héroïsme chevaleresque, l'opposition à un système faillible, les conflits générationnels, le romantisme. Car oui, à toute épreuve c'est aussi un film d'amour. Bien entendu, la bromance est de la partie mais est aussi développée une histoire d'amour entre le personnage de Chow Yun-Fat et le seul personnage féminin. C'est au détour de ces scènes qu'on aperçoit la dimension «Cary Grant » de l’acteur fétiche de John Woo. Mais ne nous mentons pas, c'est le principal défaut du film. Le traitement est totalement désuet mais les plus de 30ans du film leur accordent les circonstances atténuantes.
Heureusement pour nous, le film décide de passer à la postérité éternelle grâce à son final en huit clos dans un hôpital dont la durée équivaut à de tout de même la moitié du film. C'est The raid mais en plus intense, plus jouissif, plus fou. La police va devoir littéralement sauver la nouvelle génération hongkongaise des délires sadiques d'un gangster atteint du complexe de Dieu. Découpé en plusieurs fusillades, ce huit clos donne ses lettres de noblesse au genre action et rappelle au passage la valeur du plan-séquence. S'il est devenu un gimmick dévitalisant du cinéma d'action contemporain, John Woo a compris que ce procédé technique avait un sens. Le sien constitue un défi technique inédit à l'époque et est coupé en son milieu par un événement tragique répondant à la progression psychologique des personnages, achevant ainsi de nous rappeler qui est le roi de l'action.
Force est de constater que si le métrage a pris de légères rides, il demeure un modèle d'action que le cinéma occidental n'aura jamais réussi à dépasser. Nourri d'influence western spaghetti, John Woo a su dépasser son modèle en s'appropriant les codes du genre pour les renouveler. En somme, réfléchir sur son art pour le transcender. Compétence jamais acquise par ceux qui se réclament de ce cinéma : Quentin Tarantino, Chad Stahelski, etc.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de John Woo
Créée
le 13 sept. 2025
Critique lue 16 fois
8
226 critiques
Cure-dent au bec, sourire en coin, chemise négligée, gueule d'ange qui a roulé sa bosse. Le gars s'appelle Tequila, donne le La dans les jazz bar, boit le thé à l'aube et travaille comme flic à Hong...
le 16 nov. 2014
10
52 critiques
Je suppose que ce ne serait pas mentir que d'affirmer que John Woo est au sommet de la pyramide du cinéma hongkongais, à l'instar de Tsui Hark, il l'a réinventé de fond en comble au cours des années...
le 19 févr. 2020
10
1445 critiques
Souvent copié, jamais égalé. Hard Boiled est l'ultime chef-d'œuvre de John Woo avant son exil hollywoodien, un sommet absolu du cinéma d'action dans la droite lignée de ses films depuis Le Syndicat...
le 7 août 2017
7
7 critiques
Après le guignolesque Running man de 1987, où le Chêne autrichien évoluait dans des tenues bariolées, affrontant des ennemis pensés par des enfants de 4ans et demi dans un décor futuriste en toc, le...
le 28 déc. 2025
3
7 critiques
Après avoir mis à l'honneur le style de combat indonésien dans le percutant The Raid, Gareth Evans manifeste ici son appétence pour le polar hard boiled à la Shane Black (entre autre). Mais si le...
le 17 juil. 2025
9
7 critiques
La ressortie de À toute épreuve (hard boiled en vo) en salles dans une version restaurée 4k est l'occasion de vérifier si le dernier rejeton de John Woo avant son départ chez l'oncle Sam est bel et...
le 13 sept. 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème