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le 28 août 2024
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La maestria de ce Romulus tient à l’affranchissement de la patte Scott telle que le cinéaste anglais l’imposait depuis sa reprise en main en 2012 avec Prometheus ; la saga Alien s’enrichit ainsi de la vision d’un autre cinéaste, cette fois issu de l’épouvante, comme elle tirait profit de la singularité de James Cameron, de David Fincher et de Jean-Pierre Jeunet autrefois. Fede Álvarez signe une œuvre d’une remarquable efficacité qui accroche son public deux heures durant enfoncé dans son fauteuil, dans une symbiose mimétique du huis clos spatial représenté. Ce resserrement – de l’intrigue, du décor – permet l’élaboration d’un spectacle organique, tout à la fois attaché à la matière (humaine, humanoïde, extraterrestre) et immersif, cocon au sein duquel personnages et spectateurs évoluent main dans la main.
C’est ici qu’il faut évoquer la partition musicale de Benjamin Wallfisch, rencontre parfaite de l’orchestre symphonique et des sonorités électroniques, à l’image de l’association de Rain et d’Andy, engagés au-delà de leur nature respective dans une relation de filiation symbolique que le récit ébranle encore et encore : l’animosité d’une partie de l’équipage à l’égard de l’androïde, la puce qui transforme ce dernier en une machine dépourvue d’affects, la traque par les innombrables créatures… Autant d’obstacles que le duo franchit, revendiquant la survivance et la puissance d’un lien indéfectible qui dépasse tout. La photographie de Galo Olivares, qui s’était déjà illustré avec Alfonso Cuarón sur Roma (2018), immortalise chacune des actions, qu’articule un montage précis et jamais charcutier.
Le film, d’une grande lisibilité, s’empare de la thématique de l’épidémie, se fait alors caisse de résonnance des angoisses contemporaines et cristallise la fragilité de l’individu dans un environnement hostile ; il trouve sa place dans l’œuvre de cinéaste uruguayen, la séquence de traversée du laboratoire à pas feutrés évoquant Don’t Breathe (2016), tout en rendant hommage aux précédents volets Alien, qu’il dissèque avec habileté jusqu’à remonter à leur fondation. On ne pouvait espérer mieux.
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Créée
le 18 août 2024
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