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Quelle déception... Pourquoi Julia Ducourneau, surprenante avec Grave et Titane, tombe-t-elle dans le cliché du film français chiant et au sentimentalisme niais ? Pourquoi ??!
Pas d'humour ou alors gênant avec un Tahar Rahim qui en fait trop tout du long, pas de scénario clair, pas d'harmonie musicale... Tout se barre en lambeaux.
Parlons de la bande son du film ! Julia Ducourneau a clairement pensé son histoire en écoutant sa playlist Deezer, flânant l'air grave dans les rues de Paris ou de je ne sais où. Des titres emblématiques, les plus gros tubs de la pop culture débarquent dans ce film, que des hits que moi aussi j'adore par ailleurs, mais qui là n'arrivent jamais je dis bien jamais, au bon moment. Tout ce bruit pour nous faire ressentir des émotions factices, comme un aveu de faiblesse pour le récit. Ça fout les poils de malaise tellement c'est poussif.
Ensuite, c'est quoi cette mutation bidon ? Les films précédents étaient bons parce qu'ils arrivaient à coller à une violence et des transformations possiblement concevables : cannibalisme, homicide au pic à cheveux, sexe automobile, naissance d'un bébé titanesque... c'était trash, en deux films ça s'enfonçait de plus en plus dans le symbolisme mais c'était acceptable et surtout osé, culotté comme j'aime. Là c'est ni trash ni acceptable donc il n'y a plus rien à sauver. C'est faire travailler un punk chez Harmonie mutuelle.
D'accord on fait le lien rapidement avec le sida mais c'est presque malhonnête que de ne pas oser le dire de but en blanc. À la limite c'est le seul truc drôle tellement c'est bizarre, cette fossilisation ou cryogénisation ou momification, appelons là comme on veut, qui congestionne les membres jusqu'à les rendre aussi fragiles que de la porcelaine. Mais c'est esthétiquement insupportable et le message est pas clair. Veut-elle dire que les morts du sida ne s'oublient pas, ou qu'au contraire ils sont pétrifiés dans l'oubli ? Difficile à déterminer... Donc bon le cinéma métaphorique est je pense réussi quand le message est précis et passe derrière le but premier qui est d'être bien construit scénaristiquement. Là c'est pas le cas.
Et enfin, pourquoi un film devrait rassembler comme dans un pot pourri toutes les couleurs sentimentales de la tragédie ? Un réalisateur une oeuvre et non pas un réalisateur un film. Prendre son temps pour explorer toutes les facettes du drame humain et décomposer ses observations d'artiste en plusieurs films, c'est possible en théorie et sûrement plus humble. D'autant que Julia Ducourneau semble avoir une créativité débordante, elle aurait de quoi faire pour 50 films au moins là dedans. Pourquoi mettre tous ses oeufs dans le même panier ? Ça pleure, ça crit, ça jubile et ça meurt... beaucoup de ça pour pas grand chose. Et à l'évidence, on ressent une poussée de stress désagréable en quittant la salle de cinéma. Nous voilà anxieux et désabusés... Pour une fois je sors de la projection en étant satisfait de reprendre le cours de mon existence.
J'imagine que c'est compliqué de réussir son coup à chaque fois donc malgré ma déception et mon amertume, j'attends avec impatience le rebond de Julia Ducourneau.
Créée
le 16 déc. 2025
Critique lue 10 fois
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