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Persona
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le 30 janv. 2016
Anomalisa de Lloyd Kaufman et Duke Jonhson narre le trip halluciné de Michael Stone, auteur à succès d'un manuel de service client, qui tente de lutter contre ses névroses face à la monotonie et l'uniformité de la vie. Lors d'une nuit dans un hôtel de Cincinnatti, il rencontre Lisa, la première personne réellement digne d’intérêt.
Ce qui se démarque en premier d'Anomalisa, c'est sa forme. Le principe d'animation image par image puise dans le potentiel de l'impression 3D. Ici donc, les personnages sont affublé de traits de visages troublants de réalisme, appuyés par des expressions détaillés et des mimiques photo-réalistes.
Ce procédé permet des plans très rapprochés sur des détails, ainsi que des mouvements de camera soignés. Ce sont des éléments de mise en scène inhabituels dans le cinéma d'animation en image par image.
Anomalisa s'ouvre donc dans une atmosphère ouaté, une gamme chromatique chaude qui dégage une étrange sensation de confort et de poésie. Néanmoins, la mise en scène réussi le tour de force de plonger petit à petit le spectateur dans un malaise lattant.
En effet, au fur et à mesure que la narration évolue, le spectateur s’aperçoit peu à peu des incohérences qui constellent l'univers de Michael.
Par un travail déroutant sur les voix et les visages, le spectateur s’aperçoit petit à petit de ce qui le dérange. Tous les autres personnages ne sont qu'une seule et même personne. Bien plus qu'un simple parti pris de mise en scène, ce procédé à pour effet d'illustrer parfaitement le caractère névrotique et anxieux du personnage principale. Cette figure de style fait également référence à Dans la peau de John Malkovitch, scénarisé par Lloyd Kaufman.
La scène la plus marquante d'Anomalisa est sans doute la scène de sexe frontale entre Lisa et Michael. Le soin tout particulier apporté sur le son souligne ici l'aspect cru du sexe, mais rend cet instant d'autant plus touchant. La meilleure scène de sexe entre marionnettes depuis Team America : Police du monde.
La névrose de Michael Stone est également appuyée d'une façon amusante par un traitement des petits tracas quotidien (régler un robinet de douche qui n'est pas le sien, les petites manies qui agacent etc.). Cette scission entre le protagoniste et l'univers dans lequel il évolue est une des marques de fabrique de Dan Harmon, showrunner de Community et Rick & Morty, ici producteur délégué.
Cette incapacité qu'à le personnage à se mêler à son environnement peu parfois même faire penser à Brazil. Surtout lors de son dernier tiers, ténébreux et nihiliste. Le spectateur s'en trouve presque angoissé de ce qu'il va découvrir lorsque sa salle de cinéma se rallume.
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Créée
le 21 févr. 2016
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6
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