Le voyage dans le temps a du bon, sauver des baleines avant leur extinction (Star trek IV), rencontrer ses parents avant qu'ils ne se rencontrent (Back to the future), transférer sa conscience dans le passé et préserver l'humanité toute entière (Xmen : Days of Future Past). Face à un cliffhanger aussi désespéré que celui d'Infinity War, il ne restait pas d'autre option.
Loin de la simplicité d'une ballade en Delorean, la première heure d'Endgame a la lourde tache de nous remettre dans le contexte morose du précédent et d'introduire le concept de voyage temporel, qui pourrait relever de l'évidence, mais semble plutôt acrobatique lorsqu'il s'agit de l'intégrer dans le MCU. Car autant Days of Future Past s'appuyait sur cette idée comme trame principale de son récit, autant les Avengers doivent s'en servir pour rapiécer des destins contrariés. S'aventurant dans les méandres des précédents volets, et réécrivant sa propre histoire, Endgame nous permet de revisiter des passages clefs de la saga, faisant office de pot-pourri à la manière d'un groupe Rock faisant sa tournée d'adieu sur ses meilleurs morceaux.
J'avais beaucoup apprécié Winter Soldier, premier coup d'éclat des frères Russo, leur ouvrant la voie pour un Civil War moins réussi puis ces deux derniers volets. Les deux réalisateurs, plutôt remarqués pour leur penchant sérieux, ont peu à peu dérivés dans les mêmes écueils que Josh Whedon, à savoir le grand-guignolesque, ou alors est-ce la tendance imposée du Studio. Astucieux, ils s'amusent avec cet univers et jouent avec notre mémoire, chaque pierre d'infinité représentant un Easter Egg dans les précédents films. Chapitre de conclusion oblige, beaucoup d'événements sont regroupés, si bien qu'à vouloir tirer trop de ficelles, réunir trop de personnages, ils s'emmêlent un peu les pinceaux, le spectateur pouvant se perdre par instants dans un montage pour le moins inégal, contrairement à Infinity War dont la narration était limpide et le rythme extrêmement bien dosé.
Marvel/Disney, comme à l'accoutumée, use de son autodérision légendaire pour s'excuser des quelques facilités scénaristiques, prenant parti de les assumer. Le dernier tiers du film, sous forme de coup de théâtre magistral puis d'hommage de fin de carrière, permet d'oublier un démarrage un peu maladroit et une deuxième partie en demi-teinte. Un moment d'émotion nous traverse, lorsque nos héros devront, pour certains, faire un passage de témoin, concluant ainsi 11ans de scènes post générique et de cameos du regretté Stan Lee !
PS: Il va être difficile de voir certains acteurs dans d'autres rôles pendant un moment, je pense notamment au prochain Men in Black avec le duo Thor et Valkyrie...