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le 28 avr. 2019
SuivreEndgame of stones
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J’avoue qu’après Infinity War, je nourrissais des attentes démesurées. Comment surpasser un film à l’ambition aussi manifeste ? Et pourtant, j’aurais dû m’en douter : que peut-on réellement espérer de l’inéluctable médiocrité de Marvel ?
Infinity War avait ce souffle rare : celui d’un antagoniste aux allures de prophète tragique. Thanos n’était pas un monstre, mais une conscience. Ses convictions, aussi terrifiantes soient-elles, résonnaient étrangement avec notre monde. Supprimer la moitié de l’univers pour sauver l’autre… Cela avait un écho sinistrement sensé, une logique froide mais implacable. C’était là tout le sel du film : un antagoniste aux motivations compréhensibles, qui remettait en question les certitudes morales des Avengers eux-mêmes. Enfin, un film de super-héros qui brisait les chaînes du manichéisme.
Mais alors vient Endgame. Trois heures qui effacent d’un revers de main tout ce que Infinity War avait construit. Thanos n’est plus que l’ombre de lui-même, caricature de méchant sans envergure, vidé de ses idéaux, réduit à un rôle d’obstacle final. Le protagoniste s’efface, la nuance disparaît. Et avec elle, tout l’intérêt.
Le scénario, indigent, repose sur un voyage temporel maladroit, alibi fragile pour faire défiler les scènes d’un humour lourdaud et d’un pathos mal digéré. Scott Lang qui quémande une photo ? L’absurde devient grotesque.
Mais le plus grand crime de ce film est sans doute son entame. Supprimer Thanos et détruire les pierres d’entrée de jeu, c’est s’ôter tout levier dramatique, se priver de tension. À partir de là, comment espérer autre chose qu’un long naufrage ?
Les personnages ? Massacrés. Thor, autrefois valeureux, se transforme en caricature d’ivrogne, avatar paresseux d’un humour qui ne fait plus rire. J’ai espéré, naïvement, qu’il retrouverait sa prestance, qu’il renaîtrait dans un élan de bravoure. Peine perdue. Et quelle malhonnêteté de l’affiche qui le dépeint comme un dieu, quand il n’est plus qu’un fardeau.
Quant aux scènes d’action, elles peinent à soulever la moindre émotion. L’affrontement final, rappelant piteusement Narnia, aligne des armées qui se ruent les unes sur les autres sans que l’enjeu ne transperce jamais l’écran.
Captain Marvel ? Une erreur d’écriture à elle seule. Présente sans l’être, omnipotente mais inutile. Une pièce de trop dans une mécanique qui ne sait plus où donner de la tête.
Et que dire de cette séquence supposément féministe où toutes les héroïnes apparaissent, rassemblées, isolées, comme une vitrine hors-sol, une mise en scène forcée. Le symbole devient caricature, l’intention se perd dans le clinquant.
Le summum du ridicule est atteint avec le passage de relais. Thor, privé de dignité, abandonne son marteau – non sans l’avoir vu brandi par Captain America, car il fallait bien cocher cette case de fan service abscons. Et enfin, cerise sur le désastre, un Captain vieilli remet son bouclier à Faucon, scène d’adieu aussi vide que convenue. On bascule dans la série télé, dans la transmission fade et sans gloire.
Créée
le 26 avr. 2019
Modifiée
le 30 mai 2025
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le 28 avr. 2019
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