Chouette film que ce Backrooms, qui partait avec un handicap majeur : transformer un exercice de style de dix minutes en un long-métrage digne de ce nom. Visuellement, c'est top, Kane Parsons rend hommage non seulement à sa propre websérie, mais aussi à ses nombreuses inspirations qui ont bâti l'univers des backrooms sur Internet. Le prétexte au retour du found footage est bon, les nouvelles créations sont super et l'esthétique 90s marche parfaitement sur moi.


Scénaristiquement, c'est un peu plus mitigé. On sent que Parsons a eu besoin de construire un univers narratif et d'assigner un thème aux backrooms. Sauf que le résultat est plutôt inélégant. La dimension psychologique des backrooms devient prétexte à des métaphores franchement balourdes, quand elles ne sont pas explicitées à haute voix par les personnages. Je ne sais pas si c'était la bonne voie à suivre, d'autant plus que le film se termine sur une ouverture vers une possible suite, qui va avoir du mal à proposer de quoi renouveler mon intérêt. Reste néanmoins que le duo en tête d'affiche (Chiwetel Ejiofor/Renate Reinsve) est excellent et les deux comédien⋅nes parviennent à sortir de façon presque naturelles des dialogues un peu empruntés.


Sur l'horreur, pas grand chose à redire. Backrooms n'est pas de nature à terrifier le public, mais l'ambiance oppressante des espaces liminaux et la présence de créatures franchement dérangeantes a suffi pour me donner ma dose de frousse. Le recours à des effets spéciaux « réels » est d'ailleurs fort appréciable, surtout quand on connaît l'historique des backrooms qui se sont construits en premier lieu dans Blender.


Dans l'ensemble, c'est une belle prestation et plutôt une bonne surprise, en dépit de ces quelques maladresses. J'espère que Kane Parsons aura l'opportunité de réaliser d'autres films dans des univers différents, parce que j'ai vraiment hâte de voir ce qu'il pourra nous proposer de neuf. En tout cas, je lui souhaite ardemment de ne pas se retrouver à jamais prisonnier des ses propres Backrooms, ce qui serait un énorme gâchis de son talent.

Altay
7
Écrit par

Créée

le 17 août 2026

Critique lue 5 fois

Backrooms

Backrooms

5

Sergent_Pepper

le 18 juin 2026

Suivre

Dead end suite

Quelque chose, peut-être, se joue en ce moment même dans les salles : les succès d’Obsession et de Backrooms voient débouler de jeunes réalisateurs ayant fait leurs armes sur YouTube, et capables,...

Backrooms

Backrooms

5

Plume231

le 18 juin 2026

Suivre

Labyrinthe sans fil !

Tout d’abord, une petite précision : je ne connais absolument pas l’œuvre antérieure du youtubeur Kane Parsons (ou Kane Pixels !) — oui, quand on pense à ce film et aussi à l’excellent Obsession de...

Backrooms

Backrooms

8

Behind_the_Mask

le 20 juin 2026

Suivre

Espèce d'espace

Il y a effectivement dans Backrooms de quoi en perdre son latin. Parce que le masqué a déjà failli quitter la salle en hurlant à l'escroquerie, devant les premières scènes shootées en found footage...

Euro Truck Simulator 2

Euro Truck Simulator 2

9

Altay

le 22 juin 2014

Suivre

Inexplicable

Je ne comprends pas comment j'ai pu accrocher à Euro Truck Simulator 2 à ce point. Certes, c'est une simulation de gestion d'entreprise de transport routier (et de conduite de 35t, donc) tout à fait...

La Jeunesse de Picsou

La Jeunesse de Picsou

10

Altay

le 8 juil. 2012

Suivre

Don Rosa > Carl Barks

J'adore Carl Barks. Pour avoir créé Picsou, entre autres. Pour être honnête, je n'aime pas Mickey. Trop propre sur lui, Mickey est M. Parfait. Alors que Donald, il est humain. Enfin, non, c'est un...

Twisted Pair

Twisted Pair

1

Altay

le 22 sept. 2019

Suivre

Au-delà du réel

Difficile de réaliser une critique de Twisted Pair comme un artefact de cinéma clasique. Neil Breen, le scénariste, réalisateur, monteur, metteur en scène et interprète du rôle principal, n'est pas...