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Dead end suite
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Il se passe peut-être quelque chose d'important dans l'industrie ciné. Alors que Hollywood ne semble avoir d'yeux que pour les méga productions ou le renouvellement de franchises à bout de souffle, voilà que débarquent coup sur coup des vidéastes de 26 et 21 ans, venus truster le box-office avec Obsession, et maintenant Backrooms. En dépit d'un budget de pacotille ; 750.000 dollars pour le premier, 10 millions pour celui-ci. Comparés aux budgets conventionnels, ça en dit long sur notre époque et l'importance des réseaux sociaux, vu que ces deux-là ont fait leurs armes sur Youtube... Et ça remet à l'honneur les films de genre, vu qu'on est du côté des bricolages de Roger Corman, ou de l'inspiration du John Carpenter des débuts.
Deux films, ce n'est peut-être pas assez pour parler de Nouvelle vague, mais l'engouement qu'ils suscitent fait quand même penser à un tsunami venu bouleverser les habitudes de la production ciné. Si tout cela devenait perenne, difficile de dire si cette mutation serait une bonne chose pour l'avenir... Tant que le niveau est là, on n'ira pas s'en plaindre ; mais si ça généralisait à termes des productions bas de gamme, ça serait tout autre... Pour l'instant, on peut toujours faire le difficile en toisant ces petites prods bricolées, très série B dans l'esprit. Mais jusqu'à présent, il y a quelque chose de salvateur à voir qu'on peut entreprendre et avoir du succès en partant quasi ex-nihilo. Mu simplement par l'idée de vouloir conter une histoire, et motivé par un vrai amour du cinéma.
Car l'auteur de Backrooms a visiblement intégré tous les canons bizarro-horrifiques. Sans en avoir le génie, on pense à Lynch pour les effets, et Carpenter pour la débrouille. On retrouve l'abécédaire du genre, de Cube pour le fond, à Blair witch pour la forme, en passant par les tableaux de Escher pour l'aspect graphique. Et on est surpris par l'inventivité d'une idée dont on pensait au départ qu'elle ne tiendrait pas dix minutes. En revanche, on n'est pas surpris de retrouver Osgood Perkins à la production, car le ton fait penser pas mal aux films qu'il réalise lui-même. Sauf que Backrooms n'est pas seulement bizarroïde ; il est plus satisfaisant, plus riche et plus tortueux. On pourra trouver la fin peut-être un peu poussive, mais elle fonctionne.
De manière assez condescendante, un journal a qualifié Backrooms de "film de petit malin vite consommé et vite oublié". Rien n'est moins sûr. Car s'il est encore un peu tôt pour l'affirmer, il est fort possible que le film fera date.
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