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Dead end suite
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Phénomène des internets, les radios généralistes en parlent, on évoque un futur grand cinéaste et c’est aussi le plus jeune cinéaste actuel du studio A24 à seulement 20 ans. On m’ajoute une place à 5€ avec la fête du cinéma, ça m’a suffit pour me glisser dans le traditionnel fauteuil rouge pour voir le premier long métrage de Kane Parsons, Backrooms.
De premier abord, une limite d'âge basse, et un contexte de fin de période scolaire, j’ai affaire avec un bel appât à adolescents en recherche de frisson. Et bingo, la salle en est majoritairement remplie. Mais revenons au film.
Donc un mec, Clark (Chiwetel Ejiofor), dont la vie est au point mort, architecte réduit à vendre des meubles et à vivre dans son magasin après sa rupture, découvre au sous-sol de celui-ci une “porte” qui le conduit dans un espace infini de pièces. Il entreprend évidemment de l’explorer, de le cartographier mais aussi d’en parler à sa psy Mary (Renate Reinsve). Au moment où il disparaît, celle-ci part à sa recherche et tombe elle aussi sur ce dédale d’espaces plus ou moins vides et globalement angoissant. Voilà le pitch, c’est court mais il est simple et efficace.
Autant j’ai cherché l’horreur pendant le visionnage, autant l’angoisse de l’existant est bien là. Tout ce qui compose les pièces est d’un commun que tout à chacun à croiser au moins une fois dans sa vie. Cet enchevêtrement d’objets au milieu d’espaces immenses n’a rien à envier à une quelconque exposition d’art contemporain. Reste qu’au fur et à mesure de l'exploration, les objets sont plus moins distincts, les pièces plus ou moins étriquées et surtout la solitude, de moins en moins réelle.
Ce que je reproche le plus au film est l’explicatif permanent (à mon sens en tout cas). Le parallèle avec les séances de psy et le fait qu’un esprit s’enferme est assez grossier. Et si jamais le spectateur ne fait pas naître le lien entre ces pièces et les méandres de l’esprit, les personnages et le réalisateur donnent l’explication de but en blanc. Dommage que la volonté d’accéder à un grand public en résulte par une leçon de psychologie de comptoir. Le parallèle de la mémoire, des souvenirs, de l’effacement et la déformation de ceux-ci par couches successives est parfaitement illustrée, mais pour le coup, trop scolaire à mon goût.
N’empêche que le film se vit visuellement et auditivement. Visuellement tout d’abord, quiconque a grandi dans les années 90 a connu ces bâtiments administratifs glauques, avec son papier peint moche, ses néons blafards et surtout ce faux-plafond trop bas et immonde. Kane Parsons ne devrait pas avoir connu ça de part son âge mais il semble créer une mythologie autour de ces ensembles laids et vidés de toute vie. Cette mythologie qu’il pousse jusqu’à y amener sa version du Minotaure. Les personnages sont toujours perdus au milieu de nulle-part (merci à la caméra grand-angle, utilisée à bon escient), même dans les coins étriqués, il y a toujours une perspective vers une autre possibilité qui apparaît. Enfin, le film s’écoute. La bande son est à mon avis la réussite de ce long métrage, quasiment tous les sons y sont familiers mais au et à mesure de leur présence, ils sont poussés vers une distorsion angoissante et oppressante. L’épouvante réside dans le vide visuel et le remplissage auditif, un bel équilibre entre ces deux sens.
Alors oui, ce n’est pas le film d’horreur comme je peux le concevoir, mais l’univers créé, le travail esthétique et la précocité du réalisateur laisse entrevoir un avenir prometteur à ce nouveau nom.
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