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Backrooms ne fait pas peur. C'est clair. Je préfère évacuer tout de suite la notion de peur claustrophobique et d'espaces liminaux qui sont un gros phénomène internet qui n'a jamais eu vraiment de prise sur moi. Parce que je ne ressens pas la claustrophobie, ou mieux encore, je l'apprécie. Quand je suis en espace confiné, je me sens dans un cocon, avec juste ce qu'il faut pour apprécier la situation sans avoir de vertiges. Alors, quand on me propose un labyrinthe infini avec toujours de nouvelles portes et de nouveaux univers à découvrir, je deviens fou.
A24 a bâti sa réputation sur des projets de qualités (mais si vous regardez leur catalogue, vous découvrirez nombre de films qui n'ont pas percé et font leur petite vie dans le streaming), et ici, on est plutôt dans une sorte d'expérience. Car l'approche de Kane Pixels a cela de formidable, elle tente un nouvel angle. Quand on part à la découverte d'une nouvelle dimension, il y a du fantastique, de la science fiction, de l'horreur... Et ici, on aura essentiellement de l'exploration (un style que j'adore, la curiosité est un des meilleurs moteurs pour une expérience cinématographique), du fantastique et surtout du psychologique. C'est cela qui avec le temps fait réellement de Backrooms un excellent film : il a tenté une approche d'un phénomène science-fictionnel par une approche psychologique. Pas émotionnelle, comme l'ont fait les excellents Contact ou Interstellar, psychologique. En élaborant des portraits de personnages dont les désordres mentaux sont des précurseurs logiques à l'exploration des backrooms. Backrooms qui deviennent très vite des projections extrapolées de leurs digressions psychologiques. Je ne serai pas plus précis pour éviter de spoiler les rebondissements, mais que cette approche est fraîche ! Elle ne suit pas de codes, elle se contente de développer sa logique, tout en étirant son cadre vers des directions inattendues.
Et dans ce film, il y a des séquences court-métrage. Oui, je pense bien aux séquences tournées en caméra dv qui font écho à la série originelle de Kane Pixels, à sa popularité et donc à l'origine de ce projet de film. Cela devait être le cahier des charges obligatoire et un dada pour Kane qui codait ces séquences sur Blender tout seul en regardant le curseur des vues crever le plafond. Ces séquences sont bien intégrées et plutôt efficaces dans l'ensemble (elles sont d'ailleurs encore plus efficaces que dans la série youtube). C'est avec elles que l'horreur s'exprime plus directement, comme une résurgence des found footages des années 2010. Elles font partie des backrooms, elles ont donc leur place ici et malgré la rupture de ton, elles complètent l'expérience.
Oui, Backrooms peut créer un vertige. C'est une véritable expérience cinématographique. Une approche psychologique d'un phénomène fantastique et science-fictionnel qui propose de l'inédit et qui s'assume comme une synthèse personnalisée d'un mouvement beaucoup plus large que lui. Les backrooms, entre les sujets de forums, les images, les jeux vidéos, les vidéos et les courts métrages, avec des univers connexes comme les poolrooms, les communautés qui décrivent des explorations en inventant chaque jour de nouveaux niveaux (belle allitération ^^), les backrooms sont un bordel sans fin. Un maelstrum de concepts plus ou moins maîtrisés qui partent dans tous les sens. Kane Pixels n'est qu'une vision personnelle d'un concept générationnel numérique. Mais une conception qui a sa cohérence et son empreinte artistique, qui offre un voyage qu'on n'a jamais vu ailleurs.
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Créée
le 31 août 2026
Critique lue 10 fois
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