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Dead end suite
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Préambule : j'ai découvert ce film complètement à froid, ou presque. Contrairement à beaucoup, je ne connaissais pas le meme internet des Backrooms, ni la carrière Youtube de Kane Parsons et ses courts-métrages basés sur ce concept. J'ai également une confession à faire : je hais le found footage. Procédé qui me parait au mieux paresseux et laid, au pire cache-misère pour des réalisateurs incompétents.
Aussi l'introduction du film m'a refroidi, avec cette séquence en found footage présentant un scientifique perdu dans les Backrooms, ces bureaux étranges et infinis qui ressemblent à un niveau buggé d'un jeux vidéo de la fin des années 90.
Heureusement, la majeure partie du film sera "normale"... et très réussie visuellement ! Kane Parsons parvient à nous immerger dans cet univers tristounet des banlieues américaines des 90's. Et notamment ce magasin de meuble trop grand, presque vide, aux mobilier anonyme pré-Ikea. Bon sang que j'ai du en passer des heures dans ce genre d'endroits, quand Papa ou Maman cherchait un nouveau canapé ou une table...
Ensuite le réalisateur amène son protagoniste, le gérant raté du-dit magasin de meubles, dans ses fameuses Backrooms. Où le malaise est immédiat. L'éclairage jaunâtre d'un bureau sordide, le lieu qui parait infini et malformé, façon jeux vidéo buggé, le sound design psychédélique, les plans sur les visages inquiets des acteurs. Le réalisateur joue sur les hors champs, la peur de l'inconnu et du vide : on s'attend à tout moment à ce qu'un truc louche sorte d'un couloir aussi banal qu'étrange ! Pourtant Kane Parsons sera très sage en matière de jump scares.
On a également l'impression de voir une adaptation d'un jeux vidéo exploratoire de la fin des 90's, type Portal, ou Half Life (pour l'univers énorme qui ne fait que s'agrandir). D'ailleurs le réalisateur distille des éléments de SF, sans pour autant trop en dévoiler, laissant le spectateur interpréter une bonne partie de l'univers. Par exemple l'enregistrement audio que l'on entend est celui de Voyager (des salutations dans 55 langues). Un lien avec les aliens ?
Comme beaucoup, je pointerai la dernière partie, un peu plus maladroite et moins suggérée que le reste, ce qui est dommage. Toutefois la course-poursuite avec le "monstre" est efficace, le design de celui-ci étant inattendu ! Et puis l'ensemble reste porté par deux très bons acteurs, Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve.
En tout cas chapeau à Kane Parsons. Si je goûte peu ses passages en found footage, sortir un tel long-métrage à 21 ans, c'est impressionnant. En prime il dirige deux pointures. Et il a beau être né en 2005, il a bien encapsulé cet aspect tristounet des années 90, et l'ambiance de jeux vidéos qu'il n'a pas du connaître (du moins pas à leur sortie).
En espérant que le succès démentiel du film ne va pas le bloquer dans cet univers : à l'heure où j'écris ces lignes, le box office est de 360 millions de dollars pour un budget de seulement 10.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films d'horreur des années 2020 et Les meilleurs films de 2026
Créée
le 10 juil. 2026
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