Un blanc-bec qui commence par une ébauche

Ok,

Il est important à noter que le réalisateur passe de YouTube et fait son premier vrai film. Et ça se voit.

Il y a indéniablement des qualités. Les décors sont bons, le labyrinthe est bien fait.


Allons au vif du sujet.

Au niveau des couleurs, la colorimétrie est passable, c’est du jaune partout, et dans le monde réel quelques jeux de lumières « intéressants ».

Aussi, j'ai l'impression que le film a été tourné sur un iPhone 18 Pro Max auquel on a mis un effet de sharpness x100. C’est assez dérangeant. Alors, parfois ça peut avoir une esthétique et peut être bien exécuté, je pense à Pluribus de Gillian, qui met en avant ce côté « monde faux et artificiel », ici, je le trouve hors de propos. C'est sûrement pour faire un contraste avec l'aspect analog horror que Kane Parsons connaît bien sur les réseaux sociaux. Dans ce film, il y en a quelques-uns, avec cette caméra du début des 90's. Elles ont leur charme, on voit que le réalisateur cherche sa propre DA. Cette même DA qui, dans la partie des backrooms, me fait penser à David Lynch : cette atmosphère dans les backrooms perdue, avec des personnages moitié sains et fous, de longs couloirs vides (ici je fais référence à Twin Peaks). Sauf qu'à la différence de Lynch, ici, eh ben, le propos, il est de faire quelque chose de grand et mystérieux pour qu'au final, ce soit juste grand et mystérieux. On dirait une ébauche parfois qui tente d’imiter plus grand que lui.

Au niveau mise en scène et plans, il y a des plans larges sympas, qui ajoutent à cette atmosphère « grand et vide ». Certains plans, dont un vers la fin du film, font très jeu vidéo. On dirait des plans caméra épaule à la TLOU. Ce n’est pas un défaut en soi, mais tout de même. Sinon, eh ben, il n'y a pas d'émotions de personnages retranscrites visuellement. Par exemple, pour faire vivre du stress, le seul moyen qui a été trouvé est le son. On met des coups de basse réguliers quand le personnage stresse, c’est vu et revu.

Et bien sûr, au niveau du son, c'est n'importe quel film qui veut faire de l'horreur sans vraiment la montrer. Ça veut dire qu'on a une expérience sensorielle qui active seulement le son. Sauf qu'ici, elle n'est même pas originale. Elle n'est même pas surprenante. C’est des bruits de pas, des bruits de bouche parfois, quelques cris. Bref, conventionnel et stéréotypé.

Encore je pense aussi que le réalisateur s'est montré un peu prétentieux. On lui a toujours répété qu'il était un génie qui a créé un univers incroyable, et on peut le voir ici, il essaye de faire un film un peu « compliqué » comme premier long-métrage.

Et ici, cela peut faire penser aux débuts de Stanley Kubrick, lui-même considérait son premier film comme une ébauche d'un film conventionnel réalisé par un poète raté et prétentieux. Même si je ne pense pas que cela soit aussi grave qu’ici (j'avoue ne pas avoir vu Fear and Desire, mais m’être renseigné sur les pensées de Kubrick à son propos), il y a une bonne base au niveau du world building qui peut mener à une progression.

Ensuite le jeu d'acteur, le personnage principal est parfois médiocre (au sens ras des pâquerettes) et parfois ok. Son introduction et cette séance de psy sont jouées pas de manière grossière, mais parfois innaturelle qui sort du film. L’actrice principale est juste mauvaise, il n'y a pas d'autre mot, elle se met en colère mal, elle joue mal les émotions, ses gestes sont caricaturaux et ses expressions innaturelles.

Au niveau montage. Le film est un peu long, il dure une heure cinquante, il aurait pu être raccourci, des sessions sont longues pour rien.

Niveau scénario, eh ben, c'est un film calme, avec un peu de blabla au début, puis il y a rien dans la dernière heure, juste un trivial poursuit en bref. Et une histoire inntérésante au possible sur l’ex-femme du perso principal.


Bref en lisant cela, on a l'impression que le film est terrible. Sauf que c'est faux, il y a des choses qui sont réussies : les décors (comme dit précédemment), dans une certaine mesure l'atmosphère. Mais ici, c'est surtout l'univers qui est créé, alors je ne parle pas du tout de la narration qui, elle, est truffée de défauts. Mais du potentiel qu'a cette idée, d'un endroit comme les Backrooms. Alors, on pourrait dire qu'ici, ce n'est pas vraiment une qualité du film. Les Backrooms existent bien avant le film, eh bien, il n’est pas faux de faire cette remarque. C'est un film qui a à la fois un certain bon fond, un bon univers, mais qui a une forme moyenne et passable.


Bref fallait rester chez Feldup.

GEN926
5
Écrit par

Créée

le 6 sept. 2026

Critique lue 5 fois

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