Je pensais que Schumacher allait assurer le spectacle avec cette suite, mais je suis déçu... c'est un peu naze.
La faute à un scénario trop nourri ! Ben oui, y a plein de personnages dans ce film (je ne me souvenais même pas de la présence de Baner ni d'une petite amie à Batman), aussi bien chez les gentils (Batgirl débarque) que chez les méchants (3 méchants quand même ! avec à chaque fois une séquence pour montrer comment ils sont devenus ce qu'ils sont). On ne sait plus trop où donner de la tête. Et c'est bien dommage parce qu'au milieu de tout ce fatras, il y a une idée géniale : Alfred est mourant. C'était la grande idée en or à exploiter, puis Freeze est sympa (quitte à inclure l'inévitable love story, autant que ça soit chez les méchants) et enfin la relation Batman et Robin qui est riche en conflits (limite s'ils préféreraient pas se taper sur la gueule au lieu de combattre les super vilains). Quel gâchis.
La mise en scène s'en fait ressortir aussi. Schumacher et les acteurs ont déclaré avoir l'impression de faire une grosse pub pour des jouets Batman, c'est vrai qu'il y a quelques gadgets dans ce film, mais ça reste raisonnable je trouve ; je suis même surpris qu'ils ne soient pas mieux valorisés par le scénario (les héros mettent du temps à trouver une parade face aux poisons de Ivy). On reprend donc le côté carton-plâtre, moi ça me va, surtout qu'il y a de la casse. Il y a aussi de chouettes séquences réalisées à l'ancienne, avec des effets de montage pour faire passer les personnages qui sautent dans les airs : c'est kitsch mais j'aime bien et je trouve ça plus convaincant au final, car il y a un travail d'interprétation. Alors qu'avec les CGI, on est dans le fond vert, le cerveau humain ne travaille pratiquement pas. Ce film est d'ailleurs triste, car il mêle techniques à l'ancienne et une bonne dose d'effets numériques nettement moins réussis.
Ceci étant dit, c'est plaisant de retrouver ces ambiances néons (Schumacher était en avance sur son temps en fait, mais ça, ça fait mal de l'avouer pour certains), ces couleurs bien choisies, ces décors grandioses, ces costumes moulants (avec une dose d'humour) et puis surtout, on a cette séquence d'ouverture qui est quand même très fun ! S'il n'y avait qu'une scène à garder dans tout le film, ce serait celle-là : l'action est bien rythmée (bon, toujours un montage très cut pour donner l'impression que Batman sait se battre), les décors sont très chouettes, on a droit à quelques cascades sympas.
Les acteurs font le boulot ; on regrettera juste que Uma Thurman (qui est pourtant une des seules à ne pas renier le film car il lui a été possible d'expérimenter des choses au niveau de sa prestation) ne soit pas hyper douée (langage corporel qui manque de rythme je trouve et d'emphase) et que Clooney soit si mauvais (le pire Batman, à n'en pas douter...). Niveau BO, quelques morceaux bien sympathiques (toujours cette première séquence).
J'en reviens aux acteurs et leurs personnages : ce qui est ennuyant avec "Batman" et "Batman Forever", c'est que nous avons trois méchants qui se comportent de la même manière : ils incarnent la folie. Ici, Schwarzzie nous offre une performance différente, et Uma Thurman, même si elle fait un peu la folle, ne part pas dans les extrêmes des autres acteurs. Il reste quelques fous, mais pas trop. Et ça c'est bien. Autre bon point, les adversaires de Batman dans toute la saga exige autre chose que de la force brute pour les défaire ; bon, au final, c'est souvent la violence physique qui triomphe, mais Batman doit faire preuve de ruse, il emploie des gadgets plus qu'il ne se bat. Et ça c'est bien. Comparé aux films Marvel et DC actuels où au final, peu importe les pouvoirs des super gentils et des super méchants, tout se réduit à un concours du plus fort, ben ça fait du bien et j'aimerais bien qu'on ne revienne à cette dimension. Et pour le même coup, arrêter de toujours mettre en jeu la survie de la planète... Avec cette saga, au moins, les méchants s'arrêtaient à Gotham, Batman protège cette ville-là uniquement. Cela donne un côté plus identifiable aux enjeux posés.
Bref, c'est dommage, y avait vraiment de quoi faire le meilleur volet de la saga !
PS : sur ce film il y a eu une autre polémique que celle des tétons : apparemment, à l'époque du tournage et de la sortie du film, plein de gens se sont moqués de (la délicieuse) Alicia Silverstone (que j'ai toujours tendance à associer à Sly comme étant sa fille, sans doute à cause de quelques similarités dans le nom et de leurs bouches en coin) parce qu'elle aurait pris du poids durant le fameux tournage, au point de ne plus pouvoir enfiler correctement sa tenue de Batgirl (en conséquence de quoi, il a fallu couper des scènes de l'héroïne) ; ce serait en partie à cause du storyboarder qui aurait fait une caricature de l'actrice trop grosse pour son costume. Décidément, les films de Super héros, ça déchaîne les passions !