Je reprends ici ce qu’une bonne centaine de critiques de SensCritique ont écrit : « La bugonia est une croyance de l’Antiquité selon laquelle les abeilles pouvaient naître spontanément du cadavre d’un bœuf en décomposition. Le terme vient du grec bous (bœuf) et gonía (engendrement). »
Ne pas confondre «Bugonia » et « Begonia » : le nom générique, Begonia, vient de celui donné au XVII e siècle à une plante originaire des Antilles en hommage à Michel Bégon qui fut gouverneur de Saint-Domingue (1680). Donc rien à voir. 🙈
Au début du film « Bugonia », il y des fleurs (pas de bégonias) et des abeilles qui les butinent (on nous montre aussi des bourdons… mais passons). Au début donc étaient les abeilles. Et deux apiculteurs. En vérité, deux hommes complotistes au point d’enlever une PDG d’un grand groupe pharmaceutique, convaincus qu’elle est une extraterrestre d’Andromède qui cherche à détruire la planète (et au passage les abeilles).
S’ensuit une confrontation entre les ravisseurs et la PDG enlevée et enchaînée. Confrontation de deux mondes, deux classes sociales aussi (allégorie), conflit évidemment, affrontement assurément, mesure et démesure, faire avouer (la vérité). Qui manipule qui ? Qui ment ? Qui s’auto-persuade ? Chacun avec sa logique interne. L’un pense avoir finalement enlevé la Reine des abeilles et la Reine des abeilles finit par avoir le bourdon. Métaphore sur la post-vérité, le spectateur commence à se dire, telle une Dana Scully : « La vérité existe, mais les mensonges aussi. » Qui a raison ? La vérité est ailleurs… L’improbable est-il possible ? Le film nous manipule mais pas suffisamment pour que l’on soit complètement berné (pour ce qui me concerne).
Je vous laisse découvrir la fin du film, aux images grotesques (qui a tricoté ces affreux maillots ?). La conclusion de l’histoire, c’est que « La terre a une peau et cette peau a des maladies ; une de ces maladies s’appelle l’homme » (Nietzsche). Le remède est donc simple. Ainsi soit-il…
(et on peut enfin entendre le bourdonnement des abeilles débarrassées qu'elles sont de leurs exploiteurs, tous réduits à l'état de cadavres).