ChaO, le premier film de Yasuhiro Aoki, est, esthétiquement et dans son rythme, un anime délirant, rempli de trouvailles visuelles pour bâtir son univers futuriste et poétique. Le film procure un vrai plaisir à être regardé, et la proposition de revisiter le conte de la petite sirène de façon moderne (on y reviendra cependant) ajoute à ce plaisir une stimulation émotionnelle et humoristique non négligeable. Cette nouvelle version du conte, où humains et sirènes cohabitent (avec les doses de préjugés qui vont avec) est fantaisiste et colorée, ce qui enchante naturellement le grand écran, désormais coutumier du gris et du terne. L'énergie inépuisable des protagonistes en quête d'amour au-delà des apparences est un autre élément en faveur du réel effet feel good procuré par ce film.
Néanmoins, il est regrettable que dernière cet effort de moderniser et d'inverser les rôles genrés du prince et de la sirène, le scénario retombe dans un classicisme froid et machiste en faisant de l'objectif premier de la sirène le fait de devenir une bonne femme au foyer humaine, capable de nourrir son mari. Niveau modernité, on a vu mieux...