Chien 51
5.2
Chien 51

Film de Cédric Jimenez (2025)

Voir le film

Plus qu’un film, c’est la pillule rouge.

On est dans un futur proche et Paris est divisée en trois zones. La zone 1 : ultra sécurisée, c’est l’hyper-centre de Paris et on y trouve notamment le gouvernement. Cette zone est un vrai bastillon autour duquel des forces armées patrouillent 24 heures sur 24 en plus des checkpoints, seuls points de passage reliant les différentes zones. La zone 2 : là où vivent les gens de classe moyenne à haute, ceux qui vivent dans le confort sans avoir forcément du pouvoir politique. La police contrôle scrupuleusement à l’aide d'une IA chaque passage aux checkpoints qui relient la zone 2 avec la 1 et la 3. La zone 3 : la banlieue, là où les pauvres vivent les uns sur les autres et où le danger guette à chaque coin de rue. La police y est moins présente, mais pas absente. Les habitants de la zone 3 n’ont le droit de pénétrer dans la zone 2 que pour aller travailller, à condition que leur identité numérique soit à jour.


Zem (Gilles Lellouche) est un flic qui travaille principalement dans la zone 3, au nord de Paris. Il est stressé et en a marre de son travail, il n’arrive pas à dormir et souffre de la solitude. Alors qu’il découvre le corps d’un homme mort et sans son bracelet d’identité (sorte de carte d’identité façon montre connectée), il se fait "verrouiller" avec Salia, une autre policière plus haut placée (Adèle Exarchopoulos) qui travail dans la zone 2. Cela signifie qu'il va devoir rester constamment avec elle pendant son temps de travail, parce qu'il n’a pas respecté les procédures à trois reprises. La police a désormais pris l’habitude de travailler constamment avec une IA nommée Alma. Un outil puissant qui permet d’exercer un contrôle total de la population. Si vous n’êtes pas autorisé à franchir l’un des nombreux check-point faisant la liaison entre les différentes zones, vous ne passerez pas, point. Et si vous venez de la zone 3, vos chances d’en sortir pour vivre dans de meilleures conditions sont proches du néant.


Zem et Salia sont affectés à une enquête sur le meurtre du créateur d’Alma. L’enquête abouti rapidement à l’accusation d’une obscure organisation terroriste qui prétend se battre pour la liberté. Mais il semblerait que les choses ne soient pas aussi simples. Une source anonyme leur demande de continuer l’enquête de leur côté alors que l’affaire sera rapidement classée par la justice. Salia est partante, mais pas Zem. Elle finit par le convaincre de continuer à travailler sur cette affaire, mais ils ne savent pas dans quoi ils mettent les pieds. Ce qu'ils vont découvrir est au-delà de ce qu'ils imaginaient et va les mettre dans un extrême danger.


Chien 51, c’est un thriller avant d’être de la SF. Et surtout, c’est un livre avant d’être un film.

Pour faire ce film, Cédric Jimenez a puisé son inspiration dans le roman de Laurent Gaudé du même nom. Et alors que l’adaptation vient de sortir au cinéma, une suite à laquelle personne ne s’attendait (pas même l’éditeur de Laurent Gaudé) vient de sortir.

On est certes dans un environnement futuriste et dystopique, mais ce n’est pas ça qui compte. Ce n’est là que le décors, le contexte de ce que Jimenez (ou plutôt Gaudé) veut nous montrer. Une intrigue haletante dans laquelle deux flics se retrouvent à l’intersice entre le bien et le mal. Ils doivent alors faire un choix. Le danger du combat pour la justice et la liberté, ou le confort de l’obéissance. On y voit aisément une référence à Matrix et ce moment fatidique lors duquel Neo doit choisir entre la pillule rouge ou la bleue. Mais cette fois, force est de constater qu’on est beaucoup plus proche du réel. Peut-être est-ce parce que c’est le réel qui s’est rapproché de la fiction ? On assiste dans ce film à la mise en récit des questions et tourments qui agitant la société en ce moment. Une politisation des technologies, de l’IA notamment, qui devient un objet de puissance, pour opprimer le peuple au service d’un autoritarisme violent. On voit dans ce film comment les sociétés peuvent dériver vers cette direction, parfois en entretenant elles-mêmes une insécurité qui leur sert à justifier le renforcement de la répression, au risque de perdre le contrôle sur la situation. Alors que l’ombre de l’autoritarisme grandit partout dans le monde, il faut être sourd pour ne pas entendre cet écho après le visionnage de Chien 51.


Ce film est bien plus qu’un divertissement. C’est un message, c’est la pillule rouge ; même la couleur du titre en donne l’indice. Quel choix allez-vous faire ?

Créée

le 15 oct. 2025

Critique lue 36 fois

Antoine-K

Écrit par

Critique lue 36 fois

3

D'autres avis sur Chien 51

Chien 51

Chien 51

6

Indiana-Marcel

74 critiques

Miser sur le bon chien

Chien 51 n'est pas un mauvais film et remplit son rôle de divertissement. Là où c'est dommage, c'est qu'avec un tel casting (les acteurs mais aussi le réalisateur et l'auteur) et un tel budget, on...

le 15 oct. 2025

Chien 51

Chien 51

4

xaab

5 critiques

Plus Pastis 51 que Chien

On sent que Cédric Jimenez n'est pas un grand amateur de science-fiction. Bien qu'il s'inspire de grands noms, comme Blade Runner pour ne citer que l'évidence, ou plus subtilement La Guerre des...

le 12 oct. 2025

Chien 51

Chien 51

3

VacherinProd

100 critiques

Rapport Minoritaire

Cédric : Bonjour Chat GPTChat GPT : Bonjour Cédric, ravi de vous revoir pour votre 3e projet consécutif, comment allez-vous ? 💗Cédric : Oh très bien, j’ai reçu une enveloppe de plus de 50 millions...

le 18 oct. 2025

Du même critique

Volia

Volia

10

Antoine-K

24 critiques

La guerre vue de l'intérieur

Volia est un mot Ukrainien que l'on peut traduire par "volonté" et "liberté". Ce livre est donc un cri clamant le droit d'être libre des Ukrainiens et leur détermination sans faille pour y parvenir...

le 3 nov. 2025

La Tête en friche

La Tête en friche

7

Antoine-K

24 critiques

Une histoire d'entre-aide et d'authenticité

La tête en friche est un film adapté du roman du même nom écrit par Marie-Sabine Roger. Germain Chaze (Gérard Depardieu à l'âge adulte ; Florian Yven dans les scènes montrant son enfance) est un...

le 21 juin 2025

Une joie féroce

Une joie féroce

8

Antoine-K

24 critiques

Résilience, solidarité et instinct de survie désespéré

Jeanne, une femme de 39 ans, vient d'apprendre qu'elle a un cancer du sein. Elle rencontre Brigitte dans la salle d'attente du médecin, une habituée du service. Alors que Jeanne a l'impression de...

le 8 août 2025