"Chaque tragédie naît d'une communication imparfaite."
Présenté en Séance de minuit cannoise la semaine dernière, ce «Colony» marque le retour de Yeon Sang-Ho au genre zombiesque, 6 ans après la très décevante suite «Peninsula».
Se déroulant cette fois-ci dans un gratte-ciel de Séoul pris pour cible par un bioterroriste, cette nouvelle réalisation (dont Sang-Ho co-signe également le scénario) nous dépeint le récit d'un petit groupe de survivants qui doit faire face à un virus qui se propage comme une traînée de poudre, transformant chacune des personnes touchées en infectée, cherchant à son tour à propager le virus autour d'elle, et de la manière la plus radicale qui soit.
Efficace et assez généreux, ce mélange d'action et d'horreur m'a donné ce que je suis venu chercher.
Le Romero coréen fait ici de la figure du zombie une entité (ultra-)connectée, sans doute la meilleure idée du film et un peu à l'image de la récente série «Pluribus».
Un organisme collectif, mutant et redoutable, au sein duquel chaque membre infecté peut, par la pensée et en temps réel, transmettre toute info importante pour contrecarrer les pièges mis en place par les survivants, qui cherchent à déjouer cette connexion pour s'en sortir et tout faire pour empêcher ce virus (et en particulier son patient zéro, aux commandes de cette entité) de se propager en-dehors de l'immeuble dans lequel ils sont piégés.
Un choix narratif qui vient apporter une dynamique assez différente de celle dont on a l'habitude dans ce genre de film, sans compter certaines séquences prenantes en terme de mise en scène.
À défaut de vraiment renouveler le genre (notamment dans la caractérisation d'une partie de ses personnages ou de certaines situations déjà-vues) et de réitérer la belle claque que fut son «Dernier train pour Busan» (présenté lui aussi à Cannes il y a 10 ans, mais n'évoluant pas tout à fait dans la même veine que ce nouveau film), Sang-Ho cherche ici davantage l'efficacité formelle à la tension/émotion palpable, et y parvient avec un certain talent, le film gagnant en énergie au fil du film (malgré une caméra parfois un peu tremblotante lors de certaines scènes d'attaques), et ce jusqu'à son final en mode fourmilière déchaînée.
Bref, un jeu du chat et de la souris (entre une intelligence collective s'adaptant et évoluant sans cesse, et des individualités devant s'unir si elles veulent s'en sortir) sanglant et divertissant.
Une série B+ qui va à l'essentiel, proposant par la même occasion une approche assez originale de la figure du zombie, et un film de genre qui, au final, m'a fait passé un bon moment en salle. Et c'est ce que j'attendais de ce type de production.