Colony plaira entre autres à ceux et à celles qui ne goûtent pas particulièrement l'univers de l'horreur, car le film est plutôt sobre dans le domaine du gore et, finalement, assez peu effrayant, toutes proportions gardées. Attention, zombies hyperconnectés, le concept du film renouvelle le genre avec une certaine créativité, nous renvoyant évidemment à notre propre monde d'individualistes infectés jusqu'à la moelle par les réseaux sociaux. La narration est souple, un tantinet répétitive, mais carbure à l'énergie et à l'héroïsme féminin, tout en mettant en lumière un méchant parfait que ce bon vieux Hitchcock aurait adoré. Le temps passe vite dans cette tour infernale et le spectacle se révèle fort plaisant dans ce jeu de massacre où il est cependant aisé de deviner qui va survivre au bout de cette géhenne dans laquelle il y a du plaisir pour ceux qui sont lovés confortablement dans un fauteuil de cinéma, pop-corn ou pas en main. Il est certain que le réalisateur du Dernier train pour Busan a du mal à sortir de ses thèmes favoris, mais il a au moins le mérite d'élargir son spectre et de lui donner une résonance contemporaine plutôt futée. La suite, on l'imagine avec l'Intelligence artificielle en renfort, pourquoi pas, ou toute autre "avancée" technologie qui contribue, si l'on adopte une vision pessimiste des choses, à déshumaniser nos sociétés.