Les zombies connectés de Colony sont la bonne idée et la nouveauté du film. Comme une critique bien sentie des nouvelles technologies et de l'hyper connexion. Ça donne au départ des scènes visuellement très fortes. A grand renfort de mucus gluant, de transes bien flippantes, et de contorsions acrobatiques qui mettent mal à l'aise. Ceci dit, l'effet fait pschitt assez vite, vu qu'il se répète tant et plus. Et si finalement le propos de Colony est de prouver que la nouveauté n'est pas synonyme de progrès, l'objectif est atteint pour ce qui concerne le film lui-même. Parce qu'en dehors de ça, il est d'une pauvreté affligeante.
Comme dans tout mauvais film, les personnages sont caricaturaux ; méchant narquois, héroïne au caractère tout d'un bloc, politiciens dépassés et empotés, groupe de survivants avec son lot de lâches et de traitres... Sans surprise, les dialogues sont lamentables, et les situations téléphonées au possible. Le scénario ne fait que se répéter tout du long, vu que le job consiste à passer d'une pièce vers une autre, puis vers une suivante, avec à chaque fois une armée de baveux aux trousses. Et summum du ringard, on a droit à une espèce de twist réchauffé, venu du passé pour justifier le bazar présent. Côté scénario, c'est donc largement mauvais. Passé 30 minutes, Colony a dit tout ce qu'il avait à dire et n'a plus rien à proposer.
Sorti chez nous en même temps que The ugly, on a un peu de mal à comprendre comment un même réalisateur peut mettre en scène deux films avec un tel écart question talent. Mais après Dernier train pour Busan et Peninsula, on imagine qu'il était tentant pour Yeon Sang-Ho de persister dans le créneau zombies. Sans doute commercialement s'y retrouve t-il. Artistiquement, c'est une autre affaire.