Charles Berling joue un médecin où tout lui réussit, une femme aimante, un frère looser qu'il aide en tant que son chauffeur, bref tout va bien. Sauf que lors d'un discours, il aperçoit son père, qu'il n'a pas vu depuis des décennies, revenu d'Afrique en tant que médecin lui aussi, et qui va en quelque sorte le confronter à ce passé qu'il souhaitait oublier.
Sacré d'un César du meilleur acteur en 2002, Michel Bouquet est exceptionnel dans le rôle de ce père à la fois spectral, qui semble être un fantôme, absent et tellement présent dans la vie de ce fils, joué par Charles Berling, dont on comprend peu à peu les failles de l'enfance. Ainsi que la menace sourde qu'il va faire peser à son épouse, Natacha Régnier, avec quelque chose d'ignoble en fond qu'on lui a en quelque sorte refusée.
Du fait de la présence de Michel Bouquet, on pense aussi au cinéma de Chabrol, dans cette bourgeoisie, où tout semble aller bien, mais en regardant de plus près, on distingue des craquelures dans cette vie parfaite. Notons aussi la présence de Stéphane Guillon qui joue le frère de Berling, s'essayant au comique sur scène.
Même si la mise en scène aurait pu être plus ténue, plus rythmée, avec une présence insistante de la musique, Comment j'ai tué mon père fait partie de ces films qu'on voit pour un acteur, une présence, et la vision est en quelque sorte une manière de célébrer le centenaire de cet acteur monumental que fut Bouquet.