"(Le seigneur des lieux) Encore une victoire... J'en suis heureux. Mais cela ne nous dit pas ce qu'il y a de mieux dans la vie. (Un comparse) : le vent dans tes cheveux, un rapide coursier et la steppe à perte de vue. (Le seigneur des lieux) FAUX !! Conan qu'est-ce qu'il y a de mieux dans la vie ? (Conan) Ecraser ses ennemis, les voir mourir devant soit et entendre les lamentations de leurs femmes"
Ce court extrait résumerait presque le film car tout est dit en un échange de quelques secondes à peine. John Milius et Oliver Stone rejettent à travers cette réalisation tout angélisme au profit d'une ode à la force brute ; dans le monde de Conan la raison du plus fort est systématiquement la meilleure.
Il serait toutefois réducteur de limiter Conan le barbare à un film de brute écervelée ; certaines répliques introduisent un regard plus nuancé :
(L'antagoniste principal du film) : "Quelle est la force de l'acier par rapport à celle de la main qui l'a forgé"
L'intrigue est, il faut l'admettre, assez simple et prévisible. C'est assez cousu de fils blancs, gorgé de clichés (l'amazone, le sorcier etc...) tout en restant très efficace.
En termes de réalisation c'est le haut du panier.... ...pour un film sorti en 1982. L'aspect artificiel de certains décors (cf. effet carton pâte - brushing/maquillage improbable à l'époque du film) se ressent régulièrement mais, production du début des années 80 oblige, pas de CGI/images de synthèse ou autre artifice tout est vrai... ...même quand ça fait faux.
Sur la question de l'OST, Conan le barbare est une masterclass ; les compositions de Basil Poledouris sont tout simplement parfaites, on touche régulièrement au sublime ; les mauvaises langues pourront peut-être regretter une très (trop) grande présence des violons qui sont, il est vrai, presque envahissants par moment.
Reste, l'inspiration sans cesse renouvelée du compositeur et sa capacité à intervenir exactement au moment où il le faut ; ces deux qualités compensent à mon sens la (petite) surdose de violons.
Il y a enfin la question du montage/du rythme et on est ici sur un film de plus de deux heures du début des années 80. S'il faut traduire/préciser le propos : oui, le film est un peu long et pourrait même paraître interminable à ceux qui sont habitués aux productions récentes (je pense à la génération "Bref" et à celle biberonnée aux stories instagram/tik tok ou aux "réels" sur Facebook). Pas de scène inutile toutefois, le film prend régulièrement son temps mais sans disgression inutile ; c'est parfois un peu longuet mais ce n'est jamais soporifique.
En synthèse : une épopée très ambitieuse presque grandiloquente, portée par une OST magnifique et les (très) larges épaules d'Arnorld Schwarzenegger.