Voilà un très bon Steven Soderbergh. Dix ans avant la pandémie COVID, le réalisateur nous offrait un film pratiquement tourné comme un documentaire réaliste et il est sacrément efficace. Une femme (Gwyneth Paltrow) revient de Hong Kong, malade, et décède chez elle d’une maladie fulgurante. Son jeune fils meurt aussi très vite mais son mari (Matt Damon) semble immunisé. À partir de là, les malades sont de plus en plus nombreux dans le monde, le virus grippal est extrêmement contagieux et le taux de mortalité élevé. L’OMS tente de retrouver le patient zéro et de mettre au point un vaccin. En revoyant ce film après la pandémie, on se rend compte à quel point il vise juste : le confinement généralisé, le port du masque, le gel hydroalcoolique et même l’antidote miracle (le forsythia, en guise de chloroquine !), vanté par un blogueur plus complotiste et cynique que lanceur d’alerte, joué par Jude Law (excellent). Il est suivi par 12 millions de followers et refuse la vaccination, mettant en avant soi-disant les liens entre les l’OMS, les gouvernements et les laboratoires pharmaceutiques. Toute ressemblance avec des faits et personnages existants et ayant existé…

Bien sûr, le COVID n’a heureusement pas donné lieu aux émeutes décrites ici mais les plans de San Francisco dévastée sont frappants, avec ses rues vides, des magasins pillés, des déchets qui s’accumulent en montagnes et des personnes prêtes à tout pour obtenir leur dose de vaccin ou leur colis alimentaire. Le scénario signé par Scott Z. Burns se révèle parfaitement plausible. On retient son souffle jusqu’au bout et Soderbergh nous montre ses grandes qualités (qu’on a eu tendance à oublier avec ses films médiocres de ces dernières années dont « La grande traversée »), par exemple quand il nous montre la transmission du virus passant d’objet en objet, d’une personne à l’autre. Il réunit un casting de luxe, Matt Damon, Laurence Fishburne, Marion Cotillard, Gwyneth Paltrow, Kate Winslet, Bryan Cranston ou encore Elliott Gould. Soderbergh ose même faire disparaître très rapidement certaines de ces vedettes ! Palpitant et visionnaire.

JOE-ROBERTS
8
Écrit par

Créée

le 12 août 2026

Critique lue 2 fois

JOE-ROBERTS

Écrit par

Critique lue 2 fois

D'autres avis sur Contagion

Contagion

Contagion

3

real_folk_blues

le 3 févr. 2012

Suivre

Et pis Demi elle joue pas dans le film

Contagion fait parti de ces films qui laissent un drôle de goût à la fin. Vous voyez sans doute de quel goût je veux parler si vous avez déjà bu un verre d'eau ou mangé de la neige. C'est le goût DU...

Contagion

Contagion

7

Theloma

le 5 avr. 2020

Suivre

Covid-19 versus MEV-1 : quand la réalité dépasse la fiction

En 2011, neuf ans après l'épidémie de SRAS et deux ans après celle du H1N1, Steven Soderbergh réalisait Contagion. Le film raconte l'émergence d'un virus mystérieux, le MEV-1 et la pandémie qui...

Contagion

Contagion

6

-Marc-

le 24 févr. 2020

Suivre

Coup de torchon

Aujourd'hui tous ou presque attribuent le réchauffement climatique aux gaz à effet de serre, les gaz à effet de serre à la pollution, la pollution aux activités humaines. Quelques uns ont franchi...

Du même critique

David Gilmour: Live at the Circus Maximus, Rome

David Gilmour: Live at the Circus Maximus, Rome

9

JOE-ROBERTS

le 19 sept. 2025

Suivre

Superbe prestation romaine.

Gilmour n’a fait que quelques dates pour sa tournée 2024 et aucune en France. En Europe, il fallait se contenter de Londres ou Rome, dans le site antique prestigieux du Circus Maximus (Genesis et...

Vol.II

Vol.II

6

JOE-ROBERTS

le 16 avr. 2026

Suivre

Plutôt intéressant mais en aucun cas renversant.

J’ai été intrigué par ce duo québécois qui débarque chez nous (tournée française de plusieurs dates) avec ce Vol. 2. On devine le plan savamment orchestré à grands coups d’apparitions médiatiques à...

Rainy Sunday Afternoon

Rainy Sunday Afternoon

7

JOE-ROBERTS

le 23 sept. 2025

Suivre

Un dimanche après-midi pluvieux avec Neil Hannon ? Et pourquoi pas ?

Revoilà l’Irlandais Neil Hannon et son faux groupe de The Divine Comedy. Ses albums de ces dernières années ne m’ont pas entièrement convaincu mais cette cuvée 2025 est plutôt bonne. Forcément, les...