Conviction, réalisé par Tony Goldwyn, s’ouvre sous l’égide d’un imposant « d’après une histoire vraie » inscrit sur sa jaquette. Une promesse de réalité qui, comme souvent au cinéma, se teinte de romanesque et d’embellissements nécessaires. Pourtant, l’histoire qu’il raconte semble n’exister que sur le sol américain, là où les destins improbables se fraient parfois un chemin vers la lumière.
Le film suit le combat obstiné d’une sœur, déterminée à arracher son frère aux barreaux qui le retiennent. Poussée par une fidélité presque sacrificielle, elle reprend ses études, gravit une à une les marches du savoir, jusqu’à devenir avocate. C’est le genre de parcours édifiant qui, d’ordinaire, ouvre la voie aux Oscars. Mais ici, point de consécration. Et malgré ce que mes réserves pourraient laisser croire, je ne dénigre nullement ce cinéma : je l’affectionne profondément. Car ce sont ces histoires nées du quotidien, ces faits divers transfigurés, qui nourrissent encore et toujours l’imaginaire du rêve américain.
Les acteurs, impeccables, insufflent une intensité rare à leurs rôles, et pas une minute d’ennui ne vient en troubler le rythme. On suit leur lutte comme on dévorerait un thriller. La mise en scène, précise et soignée, accompagne ce récit avec justesse.
En somme, un film solide, vibrant, et admirablement façonné : du très bon cinéma.