Depuis plus de dix ans, Jason Statham continue d'enchaîner les productions d'action avec un rythme effréné, tournant parfois dans des films mineurs histoire de grossir un CV déjà bien rempli. Pourtant, il a récemment choisi d'opter pour certains films moins bourrins et plus dramatiques (façon de parler) à l'instar des inégaux mais très sympathiques Blitz et Killer Elite, qui proposaient un personnage plus humain.
Ainsi, après le très moyen Parker, revoici le plus américains des actioners british qui revient avec un rôle de la même trempe pour un polar moins bête et méchant qu'il n'y parait. Malheureusement... Car le réel problème avec ce type d'acteurs, c'est quoi qu'ils fassent, on s'attend toujours à les voir dans un film d'action classique, réitérant des rôles qui leur collent à la peau (regardez Dwayne Johnson pour Infiltré).
Et quand ils osent un soupçon de dramaturgie, c'est toujours dans des films contenant un brin d'action qui va devenir insuffisante pour le spectateur avide de castagnes. Pour Crazy Joe, qui détient au passage la palme du plus mauvais titre français de l'année, c'est la même chose : le long-métrage est un drame noir où un homme de main de la mafia chinoise tente de revivre malgré les sales besognes qu'il exécute.
Au fond, Steven Knight, scénariste des Promesses de l'Ombre, souhaitait se focaliser sur un simple renégat qui cherche la rédemption et trouve de l'aide auprès d'une nonne, jouant entre l'amour et la religion, les interdits et la passion. Mais avec Statham dans le rôle du héros torturé, c'est peine perdue de s'aventurer dans un scénario profond où l'émotion est censée primer sur l'action.
Ainsi, le fan croyant avoir affaire à un énième Statham Movie sera déçu du manque de bastons tandis que les autres auraient préféré voir un autre acteur pour camper ce personnage au caractère classique mais très intéressant. Et au milieu : un polar inégal aux thèmes assez bordéliques qui manque cruellement de substance pour marquer les esprits. L'intention était pourtant bonne, le début aussi...