Un film qui saisit à la gorge et ne lâche plus. Dalloway ressemble à un rêve lucide où l’on bascule sans prévenir dans le cauchemar, une fiction d’anticipation qui sent trop le réel pour ne pas déranger. Ce n’est pas juste une œuvre de science-fiction, c’est un miroir noirci tendu à nos angoisses collectives.
Cécile de France, magistrale, incarne cette humanité vacillante qui lutte pour ne pas se faire broyer par les systèmes. Son jeu, fragile et tendu, donne un ancrage bouleversant à un récit où la technologie envahit tout – le deuil, la mémoire, l’intime. On y parle d’IA, bien sûr, mais surtout de ce que nous risquons de perdre : notre libre arbitre, notre sphère privée, notre humanité même.
L’ambiance est saturée de paranoïa, comme si chaque couloir cachait une oreille, comme si chaque visage n’était qu’un masque programmé. Les faux-semblants pullulent, la suspicion s’installe dans chaque échange, et le spectateur finit par douter de tout autant que les personnages. Cette insécurité permanente, cette impression d’être manipulé par des forces invisibles, fait de ce métrage un trip sensoriel qui vrille le cerveau autant qu’il serre le cœur.
Oui, il y a des éclats de grand cinéma ici : une mise en scène inventive mais jamais gratuite, une atmosphère suffocante qui s’infiltre dans nos propres peurs, et surtout cette audace française que l’on voudrait voir plus souvent. Dalloway n’est pas seulement une réussite, c’est un signal : la science-fiction hexagonale peut frapper fort, troubler et rester dans les mémoires.
A découvrir!!