Le cinéma est trop petit pour lui. Après Bardo, dont le présent film poursuit bien des traits, sa position en est encore éclairée. Démuirges, on met le "s" car quatre mains puisque celles du magicien Lubezki, Inarritu est donc à l'étroit dans le cinéma de récit traditionnel (dont il avait pourtant poussé très loin les limites formelles et techniques). On explose, on expose tout. On brise tous les murs, les quatre, comme ceux des décors dont on nous fait l'envers. A nu le moteur de l'illusion (point vraiment: on nous montre des rouages d'apparat). Tout est artifice dans ce film gigogne. Et c'est un peu le problème. Derrière la démonstration de force créative (qui ne dépasse pas cependant celles de précédent ouvrages), au poids de toutes ces outrances de formes (et de jeu, qu'il excuse très vite : nous sommes au théâtre des affreux guignols), l'artifice accouche de l'artificiel. Cette surcharge de poids ne fait plus de masse, matière, ne fait plus sens. Le spectacle est en outre, au regard du propos et surtout de son traitement en définitif laborieux, sur-dimensionné.

Alors deux heures d'abattage continu. Point que visuel. Les acteurs débordent, font le show. En premier Tom, qui doit assurément prouver quelque chose, qui doit pour lui ouvrir un nouveau chapitre (les cascades, avec les implants capillaires, ça ne passe plus). On dit Star Vehicule (ils sont maintenant produits par les acteurs eux-même Et c'est rarement bon signe. Après seize voitures de sports, sept résidences et trois ex-épouses, on prend sur ce qui reste pour miser sur soi-même). Ce serait mentir de nier que plusieurs fois le Cruise, entièrement dévoué à l'édification de sa gloire, fait démonstration qu'il en a sous le capot. Mais la grosseur du trait, bien que justifiée, l'absence de dynamique (tout le film est mené à la charge), épuise vite le plaisir du spectateur.

La surcharge pondérale est donc partout (et point concentrée dans les prothèses et postiches de la star). Jusque dans la bande son qui a peur du vide (le petit prince de l'échantillonnage, Cosmo Sheldrake, de tous ses bruits, veille à tuer le silence. Et s'en est épuisant).

Alors oui, Inarritu et son compère restent des artisans maitres. Etait il besoin de le rappeler, d'appuyer encore? (bien des réalisateurs se damneraient pour une once de ce savoir faire). Alors oui du grand spectacle, de la magie visuelle en veux tu en voilà. Mais l'énergie est dépensée là de façon un peu vaine. Elle laisse le spectateur en simple témoin de leur maestria, sur le quai, vide d'émotion (le rire, clairement dans la cible, étouffé par l'excès de forme et de sophistication, aura de nombreuses fois en salle peiné à trouver son chemin). De réflexion même, tant le propos est convenu lorsqu'ainsi tenu. Problème d'adéquation entre le fond et la forme. Ce qui faisait cohérence dans Bardo ici ne prend pas.

HAL1
6
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il y a 7 jours

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Digger

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Alyson_Jensen

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