Mickey Looks Up et voit monsieur Anderson

Inarritu a oublié d'être chiant et empâté, il nous fait une Bong Joon-Ho de Mickey 17 pour le guignol X Wes Anderson pour le formalisme pointilleux. Avec une pincée de PTA pour la démesure et le mégalo. Et dans le fond du rade d'égout du Cuaron du Fils de l'homme pour l'anticipation désespérée et dystopique.


Il ne nous avait ni préparé ni habitué à ça, et ça me va. Je suis assez content de voir qu'il se décontracte, même si ça passe par une mise en abyme des métiers de metteur en scène et d'acteurs, comme pour garder une part de respectabilité dans une mise en scène globalement bouffonesque. Comme s'il ne voulait pas brusquer son public en faisant diret' du Mickey 17 qui avait sûrement un peu trop pris de court une partie du public qui n'avait pas compris sa proposition de farce dystopique dans l'espace.


Une farce qui égratignait bien un Trump fictif qu'on retrouve là aussi dans le perso du POTUS qu'on voit régulièrement aux côtés du fameux "Digger" qui a foutu la merde à travers le monde par appât du gain. Même si Birdman avait déjà ses moments de What the Fuck, c'était sûrement moins assumé et ça baignait dans une réalisation plutôt classique qui ose peu, qui cherche toujours à se rendre respectable et irréprochable sur le plan technique, notamment en faisant du plan séquence.


Là c'est très propre et éminemment respectable aussi, formellement, mais ça part aussi franc-jeu dans le guignol, ne serait-ce que par la direction d'acteurs, mais aussi avec ces multiples plans en contre-plongée qui participent à ridiculiser tous ces mâles cishets (6-7 6-7) imbus de leur pouvoir et de leur personnalité. Les FAM sont au tapis ou presque, que du mâle pour être à l'origine et parer à la catastrophe.


Du tragicomique engoncé en poupée russe dans du drame familial assez anecdotique qui entrerait presque en contradiction avec le futur crépusculaire qu'on nous distille à faible dose, comme du poison, tout du long. Presque car le sujet c'est bien de montrer que malgré l'apocalypse une upper class demeure et assoit sa domination par le soft power culturel. Le petit-fils de Rockwell (= Digger) produit en toute conscience une mise en scène dégradante de son grand-père, et en fait un p`lébiscite populaire, donc une cash machine. Rien ne se perd, tout se transforme. Jusque dans la reconversion de la famille de magnats du pétrole à magnats de l'intelligence sociale, du big data, bref de la surveillance. Les données numériques qui sont le nouveau filon, le nouveau gisement à exploiter dans ce futur proche fait de nouvelles technos qui ne jurent pas ta£nt avec ce qu'on connaît déjà.


De l'anticipation très familière quoi, trop familière peut-être pour que ce soit pas un minimum inquiétant. Du Don't Look Up théâtralisé et médié par les doutes birdmaniens de l'acteur qui joue Digger.



Adrast
7
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il y a 4 jours

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