Danny Torrance est encore marqué par les évènements décrits dans Shining, plus de trente ans après. Il va découvrir une jeune fille qui a le même pouvoir que lui, mais qui est également convoitée par une secte, The True Knot, dans le but d'aspirer son shining pour ralentir leur vieillissement.
J'ai mis quelque temps à voir le film, car je craignais le crise de lèse-majesté, Shining étant classé dans mon top 10, quelque chose dont je sais qu'il me restera. En reprenant ce projet, Mike Flanagan n'a pas eu peur de se frotter au mythe, car c'est une suite de qualité, qui rend aussi bien hommage à Kubrick qu'à Stephen King. Dont je me demande comment il a pu cautionner que ça ne soit pas la suite de son roman, étant donné qu'il déteste la version cinéma de Shining.
D'ailleurs, j'ai voulu voir Doctor Sleep pour la première fois par le director's cut, conçu et voulu par Flanagan, car il ajoute 30 minutes au montage cinéma et chapitre, en six parties, l'histoire, au fond passionnante, car elle développe le concept du shining et permet de voir que Danny Torrance n'est pas le seul à avoir ce don de prescience. Notamment lors d'une superbe scène d'intro où une petite fille, nommée Violet, fera malheureusement les frais de ses pouvoirs auprès de cette secte, emmenée par Rebecca Ferguson, surnommée Hat.
Quant à Ewan McGregor, qui joue Danny Torrance, il joue au départ une épave qui n'arrive pas à gérer son don, la mort de son père, et il va devenir, à la façon de Scatman Crothers dans le film de Kubrick, un guide pour une jeune fille qui a une version plus développée du Shining, jouée par Kyliegh Curran.
Évidemment, le film est bourré d'hommages à Shining, dont une formidable sixième partie située entièrement dans l'Outlook Hôtel, mais c'est aussi la mise en scène de Flanagan qui s'adapte aux situations, et je dois dire que j'en fus très ému de revoir comme une extension de Shining, notamment un moment magnifique, sans trop en dévoiler, où Danny Torrance va revoir son père au bar, avec parfois le même cadrage que chez Kubrick.
Dans ce montage, le réalisateur n'a pas lésiné sur les moments assez durs, comme la possession d'enfants, dont celui habillé en joueur de baseball dont l'horreur est uniquement sur son visage, ou une jeune fille qui a le don d'endormir les gens par la parole et qui va devenir une membre de la secte.
D'ailleurs, le titre du film vient du travail que fait Danny Torrance, qui est surveillant de nuit dans un hôpital où il assiste les personnes en fin de vie à passer de vie à trépas.
Entre la reprise aperçue dans Ready Player One et cette suite, Shining est un film dont on y reviendra toujours, qui possède cette fascination des grands, et Doctor Sleep n'a pas à rougir de la comparaison, même si je déconseille de rentrer dans la chambre 237...