Voilà un petit slasher bien cradingue, présenté à Gerardmer avant d’atterrir dans nos salles obscures, dans la lignée d’un IN A VIOLENT NATURE, ce genre de slasher moderne qui perpétue l’héritage de MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE, grâce notamment à des ambiances malsaines et une surenchère de violence et de gore au service de la méchanceté de leurs antagonistes.
DOLLY comme son nom l’indique, est un film de poupée, mais pas n’importe lesquelles, des poupées humaines.
Lors d’une randonnée romantique en forêt, un couple d’amoureux se fait agressé par une femme à l’apparence monstrueuse, dissimulée sous un costume grotesque et un masque en porcelaine.
Voilà pour le pitch, ça suffit amplement, tellement le scénario est mince et qu’il n’y a pas grand chose d’autre à expliquer afin de garder le suspens entier.
Nous avons donc ici un slasher brut, dépouillé de toute complexité narrative, pour se concentrer sur la survie de ses 2 protagonistes principaux.
L’accent est mis sur l’atmosphère générale du film, à commencer par cette image en 16mm granuleuse, qui évoque évidement MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE, le 2e en particulier, avec son humour noir grotesque et vicieux.
On ressent toute la crasse et la saleté du lieu et de l’antagoniste, comme si la pellicule était pourrie.
Le son aussi est un atout majeur du film (le craquement des os, hmmm), dans des scènes de violence méchantes et sacrément douloureuses, qui font la part belle à des effets graphiques des plus réussis, on se retrouve prisonniers avec les personnages dans cette forêt ténébreuse qui renferme un mal abominable.
L’antagoniste, est clairement un autre point fort du film. Fait assez rare pour être souligné, surtout dans un slasher, le grand méchant boogeyman surpuissant et indestructible est ici une femme.
Incarnée par Max Lindsey, une catcheuse professionnelle connue sous le pseudonyme "Max the Impaler", mastoc et tatouée de la tête aux pieds, déjà impressionnante dans la vie réelle, imaginez-la dans ce rôle, avec un masque de poupée flippant greffé sur le visage.
Le mutisme de ce personnage n’a d’égal que son imposante silhouette, pourtant enfantine, qui s'amuse à malmener et broyer dans tout les sens et de toutes les manières, les malchanceux qui croisent son chemin, pour le plus grand plaisir des cinéphiles adeptes de violence crue.
On peut en revanche déplorer un manque de profondeur de la thématique parent/enfant abordée avec le personnage de l'héroïne dans un premier temps, et celui de la tueuse masquée ensuite, ainsi que des dialogues pas biens fins et des personnages pas très intéressants, on fini par ne plus se soucier de leur survie ou non.
Le fait que le film puise dans l’humour noir, le grotesque et la surenchère, dédramatise grandement l’intrigue et fait perdre quasiment tout le suspens, là où on aurait aimé qu’il soit plus incisif, plus impactant.
Mais ça reste quand même relativement méchant dans l’ensemble pour ne pas tomber dans la parodie.
Souvent catégorisé comme le MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE du pauvre par de nombreuses critiques, DOLLY n’en reste pas moins un slasher efficace, sans prise de tête, qui fait dans le fun tout en gardant ce petit côté malsain, vicelard, qui prend un plaisir sadique à torturer ses protagonistes. Esthétiquement très beau, il pêche néanmoins par son scénario famélique, si vous ne vous laissez pas prendre par l’ambiance sinistre et malaisante, il y a de grandes chances que vous décrochiez assez vite du récit.
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