Déjà, une nouvelle adaptation de Dracula, on souffle. Vu, revu et complètement usé à force de revoir toujours la même trame à toutes les sauces. Néanmoins, je restais curieuse et voulais voir si cette nouvelle version allait dépoussiérer le mythe fossilisé. Je reste, après tout, le public cible de ce genre de spectacle à la croisée des genres fantastique, romantique (dans tous les sens du terme), pseudo historique et sur la base d'une adaptation littéraire. Il a même pas réussi à me séduire alors que j'étais toute disposée à recevoir positivement le film, alors je n'imagine même pas ce que vont penser les autres spectateurs qui se sont perdus dans la salle de cinéma à la suite d'un choix qui se révèlera, - ils ne découvriront que plus tard et trop tard -, un choix malheureux.
Eh bien... Il y avait de l'idée, et c'était vraiment, sur le papier, pas si mal : un Dracula amoureux, devenu un ado en pleine chaleur incapable de se séparer de son éternel amour, bla-bla-bla. Le fait qu'il se présente de manière honnête à Mina, le discours du prêtre sur la rédemption, le final qui propose une alternative....intéressante, etc. etc.
Mais la liste est longue pour dire à quel point rien de va : la surreprésentation de scènes de sexe, alors oui, le roman initial à une part de sensualité non négligeable, mais le film est assez en free-style par rapport à l'œuvre initiale, je pense qu'il aurait pu doser cet aspect là. C'est comme si ce cher Luc avait eu les moyens et c'était fait un énorme délire personnel à filmer ses fantasmes plutôt que de vouloir proposer véritablement un récit construit. On dirait une crise épileptique comique avec des transitions et des effets incongrus, des effets spéciaux dignes de Adibou (l'allure des gargouilles..........? vraiment....? en 2025 ?), les décors qui semblent être les fonds d'écran des playlists ambiance de youtube générés par IA, la scène qui se voulait artistique avec les danseurs et le parfum et... quoi ? Dracula devient parfumeur ? Puis, quel intérêt foutre le récit en France plutôt qu'en Angleterre, pour ce que ça nous a apporté en intérêt de la trame... Bon. Passable. Puis les acteurs quoi. Dracula dark sasuke, l'épouse tout aussi barge que son cher empaleur de mari, la copine qui me donne l'effet d'une énorme dose de LSD... Les femmes sont des objets toutes autour du même clampin torturé qui en fait n'est pas aussi profond psychologiquement que cette expression aurait pu laisser penser...
Bref. Si ce film avait été une production indé des années 1990, réalisée au fin fond d'un garage par un.e réal passionné.e qui cherche à se créer un univers, j'aurais eu une véritable affection devant cet ensemble bancal et kitsch. Seulement, 1) c'est Luc Besson, 2) il a aucune excuse (que cela soit technique ou financière), 3) on est en 2025, et je comprends pas comment un truc pareil peut encore sortir premier degré car, avant d'être un film "horreur" et "fantastique", c'est une énorme farce. Seulement, elle n'a même pas eu le talent de me faire rire, et en cela, je lui en veux beaucoup. J'ai fini le visionnage avec un ras-le-bol global. C'est juste : non.