Eddington
6.2
Eddington

Film de Ari Aster (2025)

Eddington – L’Amérique ou le long Covid mental 4.5/10

Je suis sorti de la salle avec cette désagréable sensation de m'être fait voler 2h30 de mon temps. Comme si j’avais enduré un long tunnel de boue idéologique, de dialogues bavards et de personnages antipathiques, sans vraiment comprendre pourquoi je m’étais infligé ça.


Eddington, c’est ce genre de film qui croit avoir quelque chose à dire – ou du moins à montrer – sur l’état de l’Amérique contemporaine. Mais plutôt que d’organiser un propos, de canaliser une vision, il balance tout d’un coup : les complotistes, les illuminés QAnon, les antivax, les ex-militaires paranoïaques, les politiciens véreux, les réseaux sociaux dégénérés, le racisme ordinaire, le trumpisme décomplexé… Et oui, évidemment, la pandémie. Encore. Merci mais non merci de vouloir nous replonger dedans.


Et franchement, j’en peux plus de revivre cette période. Ce mélange d’hystérie collective et de bêtise crasse, on l’a tous vécu de plein fouet pendant deux ans. Le film me l’a resservi comme un plat froid, amer, et franchement pas digeste.


L’histoire ? Je ne saurais même pas vraiment la résumer. Ça part dans tous les sens, entre pseudo-thriller politique, chronique sociale hallucinée et satire dystopique, sans jamais trouver le bon ton. Un peu comme si le réal avait calé trois scripts l’un sur l’autre, sans faire le tri. Et du coup, c’est long. Beaucoup trop long. Honnêtement, on pouvait couper une bonne heure et garder exactement la même impression globale : celle d’un malaise poisseux qui ne mène nulle part.


Visuellement, rien à signaler. La mise en scène est sobre, parfois volontairement crue, mais sans éclat. Les acteurs ? Ils font le taf, mais leurs personnages sont tous si détestables, si repliés sur leur médiocrité, que ça finit par user. Pas une figure à laquelle s’accrocher, pas un souffle d’espoir ou d’humanité. Juste du cynisme, du vice, et des masques (au sens propre comme figuré).


Et puis au final, je ne vois pas bien ce que Eddington veut dire. Que l’Amérique est malade ? Merci, on avait compris. Que la vérité n’existe plus dans un monde polarisé ? Oui, OK. Que les plus dérangés ont pris le micro ? Pas vraiment une nouveauté. Mais pour raconter tout ça, il aurait peut-être fallu un peu de nuance, ou de recul. Là, on a juste un long râle filmé, sans éclairage ni respiration.

Conclusion :

Un film plombant, volontairement sale, qui ressasse plus qu’il ne raconte. Et si son but était de me faire ressentir la nausée d’un monde en décomposition, bravo, mission accomplie mais le réel l'a précédé a bien des égards et sans fioriture.

Mais comme expérience de cinéma, c’est creux, confus et presque masochiste.

À moins d’avoir une passion pour les pires heures de l’ère Covid, je vois mal qui pourra en ressortir autre chose qu’un profond "pourquoi ?".

Bien évidemment, vu la filmo, c'est le nouveau chouchou des cercles cinéphiles donc faudrait pas en dire du mal, comme je vois la palanquée de bonne note mais entre ce métrage et son Beau is afraid, je commence à penser que finalement je rentre de moins en moins dans son monde même s'il a des qualités évidentes de réalisation.

A suivre...

A découvrir pour les fans.

lugdunum91
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le 20 juil. 2025

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lugdunum91

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