Il y a quelque chose de fragile et presque touchant dans En Boucle. Chaque image semble tirée d’un journal intime filmé à la va‑vite, la surexposition donnant à l’écran ce grain brut et maladroit qui transforme le minimalisme en choix esthétique. On sent le petit budget partout, mais jamais comme une excuse : plutôt comme une signature. Le film respire l’amateurisme assumé, et c’est précisément ce qui le rend singulier.
Le concept de la boucle -souvent casse‑tête et répétitif- est ici bien tenu. Les situations varient juste assez pour qu’on ne tombe jamais dans l’ennui, et le rythme, bien que discret, garde l’œil attentif. Il y a peu de mise en scène recherchée, mais le film n’en souffre pas : chaque plan semble choisi pour sa simplicité, laissant respirer le récit.
Le casting, parfois un peu caricatural dans le jeu, apporte une humanité immédiate. On sourit à ces personnages qu’on devine créés avec soin malgré les limites du projet. Leur jeu, sincère, sert la narration et rend la boucle moins abstraite, plus vivante.
En fin de compte, En Boucle est une œuvre modeste mais sincère : ni spectaculaire, ni grandiose, mais inventif dans sa manière de capter l’attention. On pourrait presque toucher les intentions derrière chaque plan surexposé, chaque scène minimaliste. Un 6/10 pour un film qui ose, qui expérimente, et qui réussit à rester captivant malgré ses contraintes.
A découvrir!