Pour commencer, je n’ai rien compris au film après un premier visionnage. On a dû m’expliquer au moins deux ou trois fois la réelle histoire de ce film. Bon. Moqueries contre moi-même passées, parlons un peu de ce film.
Le fait de l’avoir compris après me permet de mieux le juger. Ce film est rempli de symboles et de métaphores ! A commencer par celle de l’araignée. Elle revient à plusieurs reprises, que soit en vrai et se faisant écraser par un talon de femme, ou alors dans le corps d’une femme, avec simplement la tête d’une araignée, ou bien en géante avec des pattes ridiculement maigres et trop grandes, surplombant la ville, et enfin en très grande mais peureuse d'un humain…..Bref, chacune des interventions de cette métaphore représente toute simplement la femme. En d’autres termes, notre héros, Adam, est un trouillard tourmenté et il est le pivot central de femmes qui l’entourent : sa compagne enceinte, sa maîtresse, sa mère.
Toutes ces petites subtilités que je n’ai pas vu la première fois et l’évidence même (que je n’ai pas vu non plus lors de mon premier visionnage) sur Adam et sa schizophrénie, relèvent d’une volonté d’embrouiller le spectateur, de l’entraîner dans son univers sans en dévoiler les mystères, préférant nous laisser libre court à notre imagination sur les conclusions que portent ce film.
La mise en scène a des accents de thrillers angoissants, de fantasmagories hypnotisantes et de dramaturgies frustrantes (qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui ne l’est pas ?).
Les personnages sont parfaitement bien écrits et interprétés : Gyllenhaal montre un côté clair et un côté sombre dans l’interprétation de ses deux personnages : Adam et Anthony, sa femme (Sarah Gadon), enceinte jusqu’aux dents, au visage angélique mais aux soupçons contre son mari qui parviennent à me donner la chair de poule, Mélanie Laurent, frôlant la banalité, ne se doutant de rien et l'agréable surprise d’Isabella Rossellini dans le rôle de la mère d’Adam…
Les couleurs jaune et noire donnent un côté sombre et étrange au film, et rappellent le style de Fincher.
Quant au décor de la ville, elle ne ressemble à aucune autre, assez laide, très urbaine mais étrangement vide, et très grise. Tout pour accentuer le petit côté fantastique, comme si l'on vivait dans un monde à part, imaginaire. Mais aussi pour renforcer cette impression d'enfermement et d'étouffement, comme le héros, prisonnier de son propre dédoublement de personnalité, de ses angoisses et de ses fantasmes.

Créée

le 2 févr. 2015

Critique lue 381 fois

Alexia Lukovna

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