En trois mots :
- Allégorie
- Acide
- Sombre
Après Barbarian, qui bousculait les codes horrifiques auxquels nous avaient habitués les productions trop sages de Blumhouse, Zach Cregger revient avec Weapons (un titre original bien plus pertinent que son équivalent français).
Le pitch est simple : une nuit, 17 élèves d’une même classe disparaissent exactement à la même heure. Le lendemain, un seul revient en cours.
Sur la forme, le film ne révolutionne pas le genre et, finalement, on ne lui en demandera pas tant. Cregger opte pour une narration en chapitres, chacun centré sur un protagoniste différent, autour duquel se dévoile peu à peu le mystère sur ses enfants « évanouis ».
La mise en scène, quant à elle, reste classique : une photographie sobre qui reprend les codes actuels, un montage aux rythmes variés, et des codes horrifiques éprouvés (hors-champ, jump scares...) mais efficace.
Pourquoi changer une recette qui fonctionne ?
Mais c’est sur le fond que Weapons surprend. Derrière son intrigue mystérieuse se cache un propos plus profond. Par le biais de la personnification et d’une double lecture, Cregger, également scénariste,propose un regard cynique sur les maux de la société : la surconsommation, les faux-semblants, la bienveillance de façade et le mal insidieux qui gangrène ces bons vieux foyers américains tel un cancer, invisible mais destructeur.
Weapons c’est un mal systémique qui traumatise et parasite la jeunesse au nom de sa propre survie... Parents, professeurs, policiers : tous arborent le masque de la bienveillance pendant qu’ils ferment les yeux, abusent, manipulent ou exploitent.
Le vrai monstre, ce n’est pas la sorcière dans sa chaumière, mais un système de mensonges partagés, de violences couvertes par le vernis des bonnes intentions.
Mais ce film ne finit par sur une note sinistre. La scène finale ne cède pas au fatalisme et porte un regard d’espoir sur les générations futures.
Pour résumer Weapons c’est un peu de fraîcheur dans un genre encore mal aimé et sous exploité. L’horreur est dans notre quotidien, il est temps de le mettre en scène et de mettre au placard les « esprits traditionnels ».