Une certaine idée de la forme filmée …….
Après Barbarians , Zach Cregger nous propose Weapons!
Bonjour tout le monde,
Un film ! Un réalisateur ! Nous faisons la connaissance de ce cher Zach Cregger dont je vous propose ce lien:
https://www.serieously.com/evanouis-le-film-est-il-vraiment-inspire-dune-histoire-vraie/..
Voici une œuvre cinématographique d’auteur découpée en six chapitres et précédée d’ un prologue tel un incipit visuel , particulier , en voix off et concret et clôturée par un épilogue, totalement ébouriffant et énergique! En somme , ce long métrage, original, symbolique et durement significatif, revêt la forme illustrée d’ un savoureux livre en images orné de voix nouées, énigmatiques et marquantes, naturellement….
Six chapitres indiqués, à chaque fois , par un écran noir où l’ on peut lire , en capitales d’ imprimerie , le prénom d’ un des six protagonistes principaux….Six points de vue et six témoignages….Six versions complexes et complètement enrichissantes au fil du récit filmique ce qui est rare dans ce genre de film fantastique ou horrifique ou ….Du reste , pourquoi limiter tout film à un genre? N’ est- ce point étriquer et réduire tout long métrage……Ces différents points de vue nourrissent un suspens quant à la cause de la disparition de 17 enfants , au même moment , dans cette ville ….On pourrait penser à Rashomon d’Akira Kurosawa ( trois récits dans ce cas ) mais d’ assez loin toutefois…
Chapitre 1….
JUSTINE
Actrice irréprochable en la personne de Julia Garner .
profession : professeur des collégiens dont 17 sur 18 se sont évanouis , au sens figuré!
Le témoignage de cette personne et de ses liens avec Paul et Archer nous est servi sur un plateau métaphysique et métaphoriquement coloré …….
Les caméras planent à hauteur d’ un enfant de dix ans , comme si une présence y infusait des mystères invisibles et salaces …..
Chapitre 2….
ARCHER
Acteur convaincant : Josh Brolin qui campe un scientifique observateur et calme .
Nous assistons aux épiques aventures de cet homme pragmatique.
Les caméras , lentement et suavement , distillent une malaise palpable mais indéfinissable et majoritairement à hauteur d’ un enfant de dix ans environ…..
Chapitre 3…
PAUL
Acteur assez intéressant : Alden Ehrenreich qui interprète un policier de base qui présente la particularité, comme votre serviteur, d’ être plutôt phobique quant aux bactéries ou virus pathogènes pour les homo sapiens sapiens érectus, pardi !..
Les plans séquences, toujours majoritairement à hauteur de gamin, se lovent à hue et à dia …….
Chapitre 4….
ANTHONY
Acteur : Austin Abrams qui fait vivre un jeune toxicomane désargenté et chapardeur .
Les scènes se déroulent avec un tempo plus rythmé et énervé……
Chapitre 5
MARCUS
Acteur : Benedict Wong qui incarne le tranquille directeur du collège où Justine officie .
Les plans séquences nous proposent une alternance entre plans courts et concis et plans séquences à hauteur de cette « mystérieuse entité » invisible et sinueuse….
Chapitre 6
ALEX
Acteur: voici le premier grand rôle du pertinent Cary Christopher qui est le seul ,
des 17 enfants évanouis , à être présent dans la salle de classe de Justine .
Alex habite une drôle de maison avec ses parents et où arrive sa tante , Gladys, qui semble très malade avec sa perruque orange et ses grosses lunettes …..
De nouveau, les caméras adoptent le point de vue à hauteur d’ un enfant …
Vous avez deviné , le scénario se densifie au fil de ces six chapitres qui s’ empilent comme un puzzle horrifique mais malicieusement complexe et titille fort judicieusement notre imagination ravie, étonnée et impressionnée……
Quelle est la cause de cette évanouissement collectif où , à 2h17’ , chacun des 17 enfants se lèvent du lit puis sortent de chez eux pour converger , tel tout missile rivé vers sa destination , vers la maison où vit la famille d’ Alex ? On pourrait , évidemment penser, à la Nuit des Morts Vivants , en 1968, de Georges A. Romero …..
Ici , les enfants sont étrangement bien vivants ……vivants …..mais comme téléguidés ….
Un bel atout de ce long métrage ironique, décapant et touchant , orne les scènes capitales par des notes mélodiques et bruitistes totalement prégnantes et étrangement significatives …… La musique extra - diégétique est du réalisateur, Zach Cregger aidé des frères Hays et Ryan Holladay et force est de constater que cette musique opère comme un vrai personnage ou bien elle symbolise la présence d’ une entité quelque peu espiègle, insondable et dangereuse….
Un beau second atout réside dans la sobriété des plans séquences, dans la précision du scénario et dans cette pertinente idée de mettre en scène le protagoniste négatif à parer du chapitre 5 seulement…Chapeau !
Ici et manifestement maintenant , essayez de donner une signification à cette arme dans le ciel juste au- dessus de la maison où habite Alex et sa famille…….
Merci pour la lecture.
Gérard Michel