J'avais manqué "Weapons" en salles, je le rattrape des mois après. Entre temps, le film de Zach Cregger a eu le droit à un très beau succès au box office (270 millions de dollars de recettes pour un budget de moins de 40). Et à une belle réception critique. Les attentes sont forcément hautes... et sans être impressionné, je n'ai pas été déçu.
"Weapons" a le mérite de démarrer d'emblée avec un pitch intrigant. Dans une petite ville américaine, 17 enfants sortent chacun de leur maison en courant pour disparaître, tous au même moment en pleine nuit. Enlèvement par des aliens ? Sorcellerie ? Complot ? Fugue organisée ? Les parents éplorés et les enseignants se perdent en conjecture.
J'ai été plutôt scotché par la première heure, qui parvient à distiller ce mystère sans trop le dévoiler. A l'aide d'une narration éclatée entre divers protagonistes, qui permettent de construire un puzzle qui va peu à peu s'orienter vers l'explication. Les divers personnages sont intéressants et bien campés par leur interprètes respectifs (Julia Garner, Josh Brolin, et Alden Ehrenreich en tête). Zach Cregger se permet aussi des séquences purement horrifiques bien efficaces, dont des rêveries qui partent en sucette. Mais il privilégie le mystère plutôt que l'horreur gratuite.
La deuxième heure change de rythme, sautant de plein pied dans l'explication (trop ?) détaillée et le surnaturel violent. S'appuyant grandement sur le personnage inquiétant incarné par Amy Madigan. Qui, sans en dire trop, vampirise bien l'ensemble pour constituer une antagoniste de choix ! L'actrice est d'ailleurs tellement convaincante qu'elle a obtenu des récompenses pour ce rôle, chose rare pour un film d'horreur.
Sinon, j'ai été agréablement surpris que Zach Cregger ne se prenne pas trop au sérieux. Le réalisateur injecte régulièrement de l'humour noir ou de la moquerie amusée des banlieues américaines proprettes (il est certes loin d'être le premier à faire ça !). Que ce soit dans les maquillages et effets sanguinolents outranciers, sur la place du fantastique, ou les rapports entre certains personnages (le flic et son beau-père, notamment). Il y a aussi quelques éléments involontairement drôles. Je pense au personnage de Josh Brolin qui croit avoir découvert un éléments majeur, simplement parce que deux droites non parallèles finissent pas se croiser sur une carte...
Bref, "Weapons" m'a fait davantage sourire que hurler, mais cela n'a rien de péjoratif. C'est un film fantastique intelligemment mené, et très efficace dans son genre.