Contrairement à Barbare qui m'a déçue dans sa deuxième partie après une première partie ébouriffante, ce "Evanouis" m'a fait passer un très bon moment sans grosse déception, malgré sa longue durée. Je ne pense pas qu'il faille trop creuser la signification du film - personnellement, je m'en abstiendrai. Il y a des fois où je cherche la petite bête, où je veux trouver une explication à tout. Mais ça c'est quand je suis restée sur ma faim en terme de plaisir. Comme je n'ai pas eu ce problème avec Evanouis, je me contenterai de vanter les bonnes idées horrifiques du film - ça devient si rare d'avoir peur ! - sans recourir aux jump scares et la recherche permanente du malaise plutôt que du sursaut.
C'est si rare de sortir d'un film avec des images fortes ! Quand on a vu plein de films d'horreur, on est de plus en plus rarement étonnés, marqués ou choqués par quelque chose. Barbare, même si la dernière partie n'est pas à la hauteur, m'a profondément marquée par son huis clos nocturne très anxiogène du début, puis par la découverte terrifiante du souterrain. Evanouis m'a moins terrifiée, mais il m'a plu jusqu'à la fin. Je me souviendrai de ces enfants qui foncent droit devant eux dans la nuit, les bras tendus comme s'ils jouaient à "faire l'avion", de la vision saisissante de ces deux parents prostrés sur leur canapé dans le noir, de cet homme au visage ensanglanté et aux yeux exorbités qui déboule dans la station service comme un avion qui se crashe, de ce même homme qui se sert de sa tête pour réduire la tête d'un autre en bouillie, de cette sorcière barbouillée de rouge à lèvres à la perruque orange, de cette même sorcière démaquillée et sans sa perruque et de cette poursuite finale horriblement - et volontairement - hilarante à travers les pavillons, sous les yeux éberlués des propriétaires. Rien de révolutionnaire, mais le boulot est soigné et on sent que c'est fait avec amour. Moi, je marche. Ou plutôt, je fonce droit devant moi en tendant les bras.