Parfois, on regarde un film sans savoir ce qu'on s'apprête à regarder. Quel va être la teneur du propos, ou comment on va interpréter celui-ci lorsqu'il y en a un. Évanouis est probablement un des films d'épouvante-horreur les plus surprenants de ces dernières années.
Il faut probablement commencer par aborder le film dans sa forme. Il commence par un simple fait donné objectivement, pour ensuite se poursuivre par le suivi de personnages, intradiégétiques et avec une narration en puzzle, où le spectateur va progressivement s'approprier les émotions et réactions de ces personnages. Le film est plutôt avare en explications explicites - l'intelligence émotionnelle fait son œuvre. Aussi, les plans sont très soignés et renforce la sensation plus que le discours.
La film maintient ainsi une tension constante, jusqu'à un point de bascule - qui - sans tout révéler - fait basculer le film du thriller à une folk horror très oppressante, jusqu'à un climax final inattendu, surprenant mais résolutif.
Le fond est tout aussi intéressant, en mélangeant des discours et des idées de différents registres, qui sans être explicites, resteront sous-jacents et à l'appréciation du spectateur. Dénonciation entre autres de l'effet de groupe, de l'embrigadement social, de l'emprise et de la manipulation, le spectateur en ressort troublé - le film devra probablement se laisser métaboliser pour en saisir l'ampleur.
Toujours sous tension, jamais gratuit, vain ou démonstratif pour la forme mais pourtant souvent choquant, parfois volontairement grotesque et surprenant du début à la fin, le film est une très bonne surprise du genre - telle qu'on en avait pas vu depuis longtemps.