Quand la surenchère gore assassine l'épouvante et l'âme de la saga !

  • Si l'on s'arrête sur le bilan de cette proposition horrifique, force est de constater que le film s'avère être une œuvre extrêmement inégale et globalement décevante, oscillant entre de rares fulgurances et des choix de mise en scène foncièrement frustrants, ce qui justifie pleinement sa note de 4 / 10.
  • ​Dès l'introduction, le long-métrage pèche cruellement par sa molueur, s'étirant sur quarante à quarante-cinq minutes interminables avant de daigner renouer avec les véritables codes de la franchise. Le constat s'alourdit d'emblée avec un personnage féminin principal totalement antipathique, suscitant un rejet immédiat et un vide total d'empathie, au point que le sort qui lui est réservé laisse le spectateur parfaitement indifférent. Si la scène d'ouverture intrigue jusqu'à l'irruption de l'entité sur la route, la transition qui s'ensuit rate totalement sa cible, menant à une séquence en boîte de nuit plombée par des dialogues insipides où les protagonistes meublent le silence. S'enchaîne alors une série de faux pas narratifs et visuels regrettables : un passage aux pompes funèbres absolument too much – parasité par des bruits de travaux, une assistance clairsemée et, surtout, un croque-mort dansant sur un rap de bas étage –, le meurtre injustifiable et purement gratuit du chien par le père, l'abandon lâche du fils menant à l'exécution sauvage de sa compagne à coups de repose-tête, sans oublier ce plan ostentatoire et superflu de l'entité derrière une cloison fendue, pastiche maladroit et un brin facile de Shining.
  • ​Fort heureusement, le métrage tente de rectifier le tir à quelques occasions salvatrices. Le sursaut s'amorce lors d'une scène de recueillement touchante de retenue paternelle, avant de basculer dans une tension bienvenue lorsque résonnent les premiers coups sourds depuis l'intérieur du cercueil. De cette seconde moitié émergent de surprenants motifs de satisfaction : l'efficacité du piège mortel, la brutalité de l'attaque dans la voiture, l'utilisation salvatrice de la fameuse caméra qui vole – marque de fabrique iconique de la saga convoquée dès la 27e minute –, ainsi que le retour bienvenu des démons aux voix graves.
  • ​Malgré ces quelques éclairs, le réalisateur passe complètement à côté de l'essence même de l'univers d'Evil Dead. Il manque cruellement ces mouvements de caméra virtuoses, nerveux et déchaînés qui font l'ADN de la franchise. Pire encore, si le gore est déversé à profusion, l'épouvante pure brille par son absence, de même que ce sadisme jubilatoire et cette malice si caractéristiques des démons se jouant des vivants. Sur le plan purement formel, la déception est totale : la musique est pour ainsi dire inexistante, le maquillage des créatures sombre dans l'oubliable, et l'absence incompréhensible de la célèbre fumée blanche spectrale achève de décevoir les puristes. Condamné par une conclusion paresseuse et basique incapable de signer un final digne de ce nom, ce long-métrage souffre cruellement de la comparaison, un opus comme Evil Dead Rise s'avérant d'emblée infiniment supérieur à cette proposition ratée.
DirtyVal
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