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Eczéma
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Exhuma n’a pas rencontré sur ce site le succès qu’il a pourtant connu sur son territoire d’origine. Et pour cause : présenté à tort comme un film d’horreur, il est en réalité bien différent. On pourrait l’envisager comme un film d’exorcisme sophistiqué, qui dévoile la culture coréenne de la divination. Mais le récit va bien au-delà d’une simple chasse aux esprits. Il s’organise en deux temps, tissant habilement la malédiction familiale à celle de l’histoire nationale.
Dans la première partie, la menace vient de l’intérieur : un aïeul puissant, reposant dans une tombe maudite, revient tourmenter les hommes de la lignée. Cette menace directe, liée au sang et au karma familial, mobilise géomanciens, chamans et moines qui s’unissent pour neutraliser le mal en déplaçant la dépouille. Mais ce premier acte n’est qu’un prélude : en exhumant ce corps, ils libèrent une force plus ancienne, bien plus sombre… et surtout étrangère.
Le récit bascule alors dans une deuxième partie plus symbolique. On découvre que l’aïeul, loin d’être une simple victime du rituel, aurait en réalité collaboré avec les Japonais durant la colonisation. La tombe n’était pas qu’un emplacement mal choisi : elle était une prison. Le mal ne se transmet pas par hérédité, il est hérité de l’histoire, soigneusement enfoui pour ne jamais ressurgir.
Le démon japonais, composé des éléments Feu (Yang) et Métal (Yin), repose sur une complémentarité puissante et quasi indestructible. Mais deux autres forces opposées et complémentaires viennent le neutraliser : le Bois (Yang) et l’Eau (Yin), liées à la nature, à la croissance et à la dissolution.
Le Bois, choisi pour représenter la nation coréenne, est particulièrement symbolique. Il ne pousse jamais seul : il s’enracine et puise sa force dans la Terre, source de toute vie. Cette connexion profonde incarne la croissance et la vitalité d’un peuple enraciné sur sa terre natale. Dans Exhuma, cette symbolique renforce l’idée que la force coréenne ne vient pas d’une puissance extérieure ou d’un affrontement direct, mais d’un attachement profond à son sol, à son histoire et à ses traditions.
Le film montre un combat entre deux équilibres, deux systèmes symboliques complets. C’est celui enraciné dans la tradition coréenne, sa terre et ses rites, qui finit par triompher. Dès l’avion, Kim Go-eun précise à l’hôtesse qu’elle est coréenne. Une phrase simple, presque anodine, qui résonne comme un écho puissant dans cette seconde partie. Il ne s’agit pas seulement d’exorciser un esprit, mais de réaffirmer une identité nationale.
En mêlant mythe, mémoire et purification, Exhuma, sous des airs de thriller/horreur, propose en réalité une victoire spirituelle sur les fantômes du passé, chassant de son territoire les restes de l’ancien envahisseur.
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le 8 juin 2025
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