F1 - Le Film est frustrant à plus d'un titre.
Car en matière de sports mécaniques, aux yeux du masqué, rien n'égale l'univers de la Formule 1 depuis presque quarante ans maintenant. Ecrin dont l'oeuvre joue à plein, en inscrivant son écurie fictive au coeur du paddock, allant jusqu'à faire interagir son scénario hollywoodien avec la quasi intégralité de ses principales figures, pilotes comme team managers.
Ecrin dont l'oeuvre joue à plein dès qu'elle pose ses roues sur la piste pour faire pétarader le grand spectacle, la sensation ultime de la vitesse et de l'immersion, les affrontements roue contre roue ou encore certaines images "d'archives".
Tout pour me plaire a priori, donc.
Sauf que F1 - Le Film ne cesse de faire des concessions mécaniques à l'univers du cinéma, allant parfois jusqu'à la sortie de route.
Car si l'environnement est là, si une certaine volonté de didactisme est bienvenue, le temps d'une ou deux séquences en soufflerie ou dans le stand, afin de rappeler que la Formule 1 est aussi un sport d'équipe, ou encore l'illustration de certaines magouilles de board au sein des écuries, il y a aussi les impératifs d'un scénario accessible au plus grand nombre, semble-t-il. Et jamais débarrassé de certaines tartes à la crème.
Le projet d'un film sur la F1 ne date pas d'hier : Stallone en avait caressé l'ambition en 1998/1999. Mais les difficultés rencontrées du côté de Bernie Ecclestone l'en avait dégoûté, au point, de guerre lasse, de se tourner du côté du Champ Car, avec le succès (hum hum) que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de Driven.
Si F1 - Le Film évite le ridicule achevé de naguère, il ne cesse cependant de défier les limites du réalisme de sa discipline dès lors que Brad Pitt ou encore son petit con de chien fou sont au volant. Car pendant ces neuf dernières courses d'une écurie au bord de la banqueroute, tout semble permis, au point d'imiter les stratégies diaboliques de Flavio Briatore période Singapour 2007... Presque chaque week-end...
Et si l'ambiance est bien là, le show proposé fera plus d'une fois lever les yeux du passionné de Formule 1 au ciel, au point de le faire décrocher en plusieurs occasions. Tout comme l'histoire d'amour un peu neuneu, et surtout obligatoire entre Brad Pitt et son responsable aéro.
Enfin, il apparaîtra bizarre, toujours au yeux d'un fan, d'évoquer un accident de 1993 en déterrant des voitures de 1990 et de se servir de quelques images réelles évoquant l'impressionnant crash en essais (et non en course) de Martin Donnelly.
On sentait pourtant que le film voulait bien faire, mais ses excès typiquement hollywoodiens emballent son moteur dans un surrégime des plus inquiétants, alors que tout au long de la dernière ligne droite de son championnat, il ose les attaques blitz qui feront rigoler même le pilote du dimanche.
Ce serait presque un comble de penser, durant la séance, à l'accueil tiédasse réservé à un film comme Gran Turismo, qui se montrait pourtant plus réaliste et moins bigger than life, comme s'il devait à l'époque payer son origine de vilaine production Playstation, donc automatiquement naze.
D'autant plus que l'adaptation d'un film comme Le Mans'66, quant à elle, ne pesait jamais sur son équilibre réel / cinéma qui relevait de l'évidence.
Le masqué, lui, se souviendra, le sourire aux lèvres et la nostalgie au coeur, du magnifique Rush, du décrété tâcheron Ron Howard. Car celui-ci, tout incapable soit-il, avait néanmoins réussi à encapsuler autant son époque révolue que l'exaltation de sa vitesse, ou encore l'affrontement de deux géants de sa discipline.
Malheureusement, F1 - Le Film échoue, quant à lui, à se mesurer roue contre roue à ces quelques adversaires sur la piste.
Behind_the_Mask, qui reste sur sa F1.