F1 - Le Film
6.3
F1 - Le Film

Film de Joseph Kosinski (2025)

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Sonny Hayes (Brad Pitt), gloire du volant dans les années 1990, s’est retiré des circuits, à la suite d’un tragique accident. Mais un jour, son ami Ruben Cervantes (Javier Bardem) l’appelle à la rescousse pour sauver son écurie de la faillite, et aider le jeune pilote Joshua Pearce (Damson Idris), qui n’est pas prêt à se faire dicter sa conduite par un vieux ringard…




Devait-on attendre de Joseph Kosinski qu'il réitère le miracle Top Gun : Maverick ? On aurait pu craindre que ce ne soit trop lui demander. J'avoue que je n'étais pas si serein en entrant dans la salle... Consommateur très ponctuel de F1, je craignais ne pas forcément faire partie du public cible.

Mais premier miracle... On comprend tout ! Ou presque. Bien sûr, on a quelques échanges de dialogues légèrement abscons au début du film, mais jamais Ehren Krüger et Joseph Kosinski n'en abusent. La pédagogie dont ils font preuve auprès des néophytes est assez exemplaire, et permet de rendre le film particulièrement limpide.

Tout comme un scénario qu'on admet avoir déjà vu quelques dizaines de fois, d'ailleurs. Mais jamais le film ne prétend partir dans une direction particulièrement originale, et il sait tout de même instaurer un réel suspense quant à la fin du film quand il le faut. Et dans le registre du drame sportif, le principal intérêt ne réside pas dans un quelconque effet de surprise, mais bien dans l'accomplissement des promesses faites au public.


Ces promesses sont-elles tenues ? Oui ! Mille fois oui !

Le potentiel cinématographique du sport automobile est une évidence, et de précédents réalisateurs ont pu l'exploiter avec succès. Mais dans le registre des films sur la course automobile, Joseph Kosinski peut sans nul doute prétendre à occuper la première place. Avec son directeur de la photographie Claudio Miranda, il nous offre des séquences à la mise en scène d'une beauté proprement époustouflante. Il sait sans cesse magnifier l'aspect technique de la Formule 1 pour en retirer toute la beauté et la pureté dans des séquences qui feront certainement date dans les annales du septième art.

Tout est beau, dans F1, et on ne pourra pas ne pas citer cet incroyable climax, au moment où il arrive vraiment (après nous avoir fait mariner pendant un petit bout de temps, mais c'est le jeu). Faisant écho à un joli (quoique trop classique ?) monologue de milieu de film, Kosinski a trouvé la formule parfaite pour toucher le spectateur jusqu'au plus profond de son âme. Soudain, la magnifique musique d'Hans Zimmer s'efface complètement, tous les bruits s'estompe, la salle même dans laquelle nous nous trouvons devient floue, et plus rien n'existe que la F1 et nous. Nous voilà Sonny Hayes, nous voilà Joshua Pearce, nous voilà Lewis Hamilton, Charles Leclerc, Max Verstappen ou choisissez qui vous voulez d'autre.

Soudain, la magie de la F1 s'offre à nous dans un silence, non de mort, mais de vie. Pendant quelques secondes, l'osmose est absolument parfaite. De la même manière que ces quelques secondes sont pour Sonny Hayes sa raison d'être, de conduire sur les pistes, de la même manière qu'elles le seront pour Joshua Pearce quand il aura trouvé sa maturité, ces quelques secondes sont pour le spectateur LA raison pour laquelle il vient dans une salle de cinéma.

Véritable moment de grâce cinématographique - et de grâce tout court, finalement -, cette scène du climax est l'instant même où le septième Art trouve sa plus belle raison d'être. Rarement (je n'ai pas osé écrire "jamais") on aura ressenti un tel moment suspendu dans une salle de cinéma, et ne serait-ce que ces quelques secondes sur 2h36 de film méritent qu'on fasse le détour par une salle obscure.


De quoi parler de plus, après cela ? Bien sûr, la musique d'Hans Zimmer est très belle et cela fait plaisir de retrouver le maestro en forme. Bien sûr, Brad Pitt est génial dans ce rôle de tête brûlée qui lui va à merveille, et bien sûr, Damson Idris crève l'écran en jeune coq arrogant mais passionné.

Bien sûr aussi, le scénario est parfois trop classique, et même peut-être un peu trop Top Gun : Maverick (l'opposition du jeune orgueilleux et du vieux briscard).

Et l'on sera également en droit de trouver la structure narrative légèrement déséquilibrée.


Mais finalement, plus rien de tout ça n'a d'importance. Car ce qu'on retient plus que tout, c'est ce moment où la magie du sport et la magie du cinéma se sont unies dans une merveilleuse figure d'opéra pour nous rappeler que le propre de l'Art, c'est de nous montrer ce qu'il y a de plus beau en l'Homme.

Et quand l'Homme est-il plus beau que dans ces moments où il ne cherche qu'à s'oublier soi-même pour s'élever au-dessus de sa petite personne pour se hisser, avec l'aide des autres, vers quelque chose de plus beau et de plus grand que lui, qui le changera à jamais ?

Voilà ce qu'est vraiment F1.

Un miracle.

Tonto
9
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Créée

le 24 juin 2025

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Tonto

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