Voilà, nous y sommes. F1 est probablement le premier film entièrement assisté par intelligence artificielle et le résultat est terriblement inquiétant : tout est calibré et tout sonne creux, tout est maîtrisé et tout est faux.
Le scénario, les dialogues, le casting, la musique et jusqu’à la structure des plans eux-mêmes, tout semble made in chatGPT ou OpenAI. On a l’impression d’ingurgiter une mixture indigeste faite d’une purée de films précédents, compactés et stérilisés, westerns à la John Wayne, une pincée de Rocky, un soupçon de Steve McQueen, une larme d’Eastwood, sans oublier une forte dose de bonne conscience pseudo inclusive.
Bien sûr les séquences de course sont impressionnantes, mais sans aucune émotion. La relation vieux briscard / jeune loup est tellement rebattue, les deux acteurs pédalent dans le vide comme deux pantins faisant la course sur des vélos d’appartement. La bluette sentimentale est ridicule à force d’être convenue et le méchant capitaliste de service a dû faire l’objet d’un prompt secondaire tellement il tombe comme un cheveu d’ange sur le crâne d’un chauve.
Que dire de Brad Pitt ? On jurerait un clone, il promène le vide de son regard et son sourire vissé en coin de scène en scène, comme un robot raté arborant une carrosserie de muscles tannés, cicatrices et tatouages.
Techniquement tout est conforme au cahier des charges, le contrôle qualité valide tous les indicateurs ; mais ce cinéma, vide de sens et d’humanité, sans souffle ni émotion, est-il vraiment ce qui va nous être désormais infligé, tuant définitivement ce qui fut le septième art ?