F1 - Le Film
6.3
F1 - Le Film

Film de Joseph Kosinski (2025)

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Beaucoup de choses à dire, j’ai beaucoup de choses à dire sur ce film, car F1, malgré les apparences, porte en lui énormément d’enjeux. Cette critique pourra donc paraître lourde pour certains, mais selon moi il y a un aspect inévitable et d’une haute importance à prendre en compte avant de réellement parler du film en lui-même.


En 2017, la Formule 1 est rachetée par le groupe américain Liberty Media (immense groupe membre du NASDAQ) mettant fin au règne de Bernie Ecclestone, figure historique et extrêmement influente de ce sport mécanique mais non moins sulfureuse. Ecclestone était un baron, il possédait la formule 1 et l’a notamment laissé stagner, figé dans son temps sans s’adapter aux évolutions générales de la société. Ainsi, on a pu assister à certaines sorties médiatiques où Bernie Ecclestone disait ouvertement que la Formule 1 n’avait pas besoin d’attirer les jeunes et n’avait donc pas lieu d’être présent sur les réseaux sociaux. Bref, je ne vais pas faire d’historique ici, mais l’idée ici est de voir qu’au abord de 2015 la F1 était un sport vieillissant, n’attirant que peu les jeunes et dont les audiences étaient en chute.


Arrive alors Liberty Media et la partition ici est tout autre, marketing agressif, voire sur-agressif, stratégie de publicité, tous les moyens sont bons pour redorer et “fashioniser” la F1. Et le pari était de taille ! Car tout était à refaire, il fallait changer les mentalités des gens qui avaient en tête que la F1 était un sport ennuyeux, d’un autre temps pour le faire passer dans une autre aire.


Une fois cette stratégie déployée dans le berceau de la F1 à savoir l’Europe, l’objectif est de s’émanciper de son terrain de jeu, de se déployer dans un nouveau marché (oui, il faut utiliser ce vocabulaire ici). Car la Formule 1 n’a jamais été très aimée et influente au pays de l’oncle sam. Là où les Américains ont le nascar et l’indycar les européens ont la formule 1 et la distinction tenait depuis des décennies, et liberty media voulait l’abattre.


C’est précisément dans cet immense tableau que se situe le film F1 (mais aussi la série Drive to survive). Faire embrasser les codes de l’entertainment américain à ce sport européen, aux codes européens. C’est ici une véritable stratégie de conquête qui se déploie et auxquels nous assistons.


(ne vous en fait pas, je vais commencer à parler du film)


Alors hop hop hop, comment fait-on pour attirer le public américain voir un sport qu’il ne connaît pas ? Très simple, on prend le réalisateur qui a (littéralement) sauvé le cinéma à la sortie du covid (Joseph Kosinski) et au lieu de filmer des avions, on lui dit de faire la même chose, mais avec des voitures. En parlant de lui, pour F1, on réplique la formule à la lettre et on appelle une tête que tous les Américains connaissent petit comme grand, c’est tonton Brad. On lui racole un love-interest cousu de fil blanc comme ça tout le monde y trouvera son compte... Ainsi s’accumule un nombre de stéréotypes incalculable allant même aux accents british exagérés des acteurs pour bien faire comprendre que l’on a bien affaire à un sport européen.

Le film respire par tous ses pores d’un air de déjà vu, un système soigneusement millimétré pour que toute personne peu familière soit un minimum engagé dans ce sport par quelques aspects que ce soit.


Alors que dire de plus, ai-je été diverti ? Oui, évidemment que je l’ai été ; le film est fait pour ça, c’est certes un tutoriel sur patte, mais aussi un véritable spectacle auquel on assiste. Un spectacle qui malheureusement déssers selon moi le sport en lui-même, mais un spectacle tout de même. Aucune scène de tension n’est construite, car on fait seulement face au fameux “plan C” qui fait tourner un sport conduit par le “gentleman agreement” en course de Mario Kart.

Et pourtant, de nombreux films ont par le passé réussi ce pari du “réalisme”, que ce soit Le mans (avec Steve McQueen), le Mans 66 ou encore Rush pour rester dans le thème de la F1. Rush qui avait en plus réussi le pari de la véritable course avec une BO signée Hans Zimmer qui était magnifique, à des années-lumière de celle-ci où notre tonton Hans ne fait que passer sa meilleure playlist Spotify…


Bref, j’ai donc attribué la note de 4 à F1, un 4 car je ne me suis pas spécialement ennuyé (même si j’ai soufflé fort à de nombreuses reprises) mais comme vous avez compris de nombreux détails et éléments m’ont déplu. Les gens souhaitant un pur divertissement avec des cabrioles à bord d’un bolide seront contents, mais personnellement, j’aurais souhaité un réel choix ou bien du réalisme (ou je privilégierais un rush) ou bien du spectacle (ou je privilégierais un speed racer). Dans ce cas-là, je vois un F1 rien de plus qu’une IMMENSE campagne marketing décrédibilisant un sport que j’ai à cœur et le transformant en spectacle à l’américaine.


ALRN
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le 9 juil. 2025

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