Si l'on en juge par l'évolution de la franchise Fast and Furious, son producteur, Neal H. Moritz, a dû trouver la formule de la pierre philosophale, tant il a su tranformer le plomb des premiers opus en or des épisodes 5 et 6. Justement, Fast and Furious 6, à sa sortie, faisait office de quintessence de la série, ayant éliminé presque tous ses oripeaux rances et imbéciles de courses de rue et de tuning Jacky's touch. Devenu un pur film d'action/thriller gavé aux amphétamines, on se demandait comment le réalisateur allait pouvoir repousser les barrières du grand spectacle décomplexé et fun pour la suite de la franchise. Un indice était donné dans une scène post-générique introduisant Jason Statham en menace implacable et cool, promis à devenir le nouvel ennemi de Toretto & co.


Les premières minutes de ce Fast and Furious 7 rebondissent habilement sur ce teaser en définissant le danger que le personnage représente, entre Terminator et Tex Avery, et lui faisant traverser une véritable scène de guerre. Instantanément ultra charismatique, le bad guy se pose là et devient immédiatement la némésis implacable promise par les ultimes instants de l'opus précédent.


Ces premières minutes donnent le ton. Car après quelques séquences d'exposition des enjeux, le film plonge son spectateur littéralement en apnée pendant 2H20 non stop de péripéties bigger than life et totalement improbables, jusqu'à se demander en pleine projection ce que les scénaristes ont bien pu imaginer pour surpasser la scène d'action précédente. Et le pire, c'est qu'ils y arrivent, les coquins. Et surtout, ils ne s'interdisent rien, passant d'une course poursuite/braquage de bus démentielle à un jeu de saute immeubles stratosphérique pour finir dans un véritable film de guerre urbain apocalyptique et impressionnant de tension, le tout renvoyant un Michael Bay et ses minables explosions dans une grotte en train de pleurer.


Les scènes de baston ne sont pas en reste et en donnent pour son argent. La violence et la lourdeur des coups de l'affrontement The Rock / Statham, l'agilité féline de Tony Jaa, le combat féminin dans l'immeuble ou encore le street fighting de Vin Diesel : la variété des situations est au rendez-vous et ne trompe pas sur la marchandise, tellement le spectacle proposé est ahurissant. Ajoutez à cela des gunfights efficaces permettant à Kurt Russell de s'exprimer et les plus belles super cars disponibles et vous obtiendrez une proposition de cinéma la plus bourrine possible qui ravira l'enfant de cinq ans qui sommeille en vous, celui qui jouait dans le salon en inventant les scénarios les plus abracadabrants traversés par ses jouets préférés issus de gammes différentes.


Fréquenté par pas mal de nouvelles têtes, orgiaque et orgasmique dans son action, stratosphérique dans ses situations plus what the fuck les unes que les autres, tutoyant les cimes du plaisir le plus intense et régressif, Fast and Furious 7 s'impose comme LE défouloir ultime qui laissera son spectateur sur le cul, pour peu qu'il prenne l'oeuvre pour ce qu'elle est : un sommet incroyablement furieux et déglingué du blockbuster moderne.

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le 5 avr. 2015

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