Ça commence comme une belle histoire d'amour. Et puis il faut que la petite crasse Aldrichienne vienne fourrer son nez dans cette aventure qui promettait d'être une belle romance.
Je ne savais pas trop de quoi traitait le film, mais connaissant le cinéaste, je me doutais qu'il y aurait quelque chose de sale dans ce film. C'est pourquoi durant les premières minutes, je ne comprenais pas : tout était beau tout plein. Sans être dérangeant pour autant. Je me suis dit que peut-être il s'agissait là d'un film de commande bien exécuté même si plus anonyme. Anonyme? Pas tellement quand même : les dialogues sont longs et savoureux, l'humour se pointe là où on ne l'attend pas. Cela reste une marque de fabrique de l'ami Bob.
Mais vraiment, le film démarre après cette romance établie comme point de départ. Et là ça dérape gravement. Pour le meilleur et pour le pire. Pour le meilleur parce que c'est parfois vraiment vicieux, Aldrich offre là des scènes très intenses, belles, fortes, finement construites, toujours avec l'appui d'un dialogue dense. Pour le meilleur parce que, malheureusement, en dépit des très bonnes scènes jusqu'à la fin, le film perd un peu en structure ; l'intrigue par dans plusieurs directions sans vraiment prendre le temps d'approfondir chacune. On ne sait même pas quel sera le fin mot de la fin car on ne sait plus quels sont les véritables enjeux à force de changer les cartes. Et puis une petite dose de misérabilisme, malheureusement. Pas très longtemps, Aldrich est malin, il aborde ces scènes là le plus rapidment possible, ne s'étale pas trop dessus (sans doute ce qui donne l'impression, paradoxalement, que rien n'est traité en profondeur).
Mais au final, le scénario, malgré ses défauts, reste un très bon divertissement, grâce à ses personnages, ses dialogues, ses thèmes et ses situations.
Quant à la mise en scène, si la caméra de Aldrich se montre discrète durant tout le film et surtout durant ces premières trente minutes, le temps de poser les bases de la romance, le bougre ne se prive pas de composer de beaux cadres. Et puis, dès que tout bascule, il se permet de faire des prises de vue un peu plus audacieuses, le sujet le permettant. Un bel exemple de réalisation au service du scénario.
Bref, "Autumn Leaves" n'est pas le chef d’œuvre que j'espérais, mais reste un bon drame, plein de bonnes idées, plein d'audaces narratives.
BONUS : http://image.noelshack.com/fichiers/2015/24/1433926859-autumn-leaves.jpg