Fjord , a reçu la Palme d’Or au festival de Cannes du printemps de cette année. Je pose alors cette question :mais que désigne précisément le mot fjord ? Un fjord est une vallée glaciaire, creusée par les langues de glace , ici venant des Alpes de Scandinavie , lors de la glaciation du Wurms ( quatrième glaciation de l’ère quaternaire) et qui , depuis , a été envahi par la mer , ici l’océan Atlantique qui sculpte les cotes norvégiennes au fil du fleuve du temps . Cette métaphore colle parfaitement à ce long métrage , retors et dense , de Cristian Mungui.Les glaciers ont reculés en laissant une frontière complexe et changeante entre l’eau salée et la terre ….. Ainsi va , également , la traque difficile du réel et , hélas , du choc des civilisations au sein de la vie quotidienne entre une famille intégriste catholique roumaine et le monde laïc norvégien. Ainsi va les certitudes absconses et les choix clos et stériles où trinque, trop souvent , n’importe quel quidam…...
Le principal intérêt de ce film sinueux , dialectique et interrogatif, est de nous tendre un savant et simple miroir quant à notre réelle lucidité et ouverture d’esprit à tisser un véritable dialogue , par les mots et les gestes , face à des personnes qui ne pensent pas comme nous . En ce sens , cette œuvre cinématographique , précise , philosophique et pratique, nous permet de sortir de notre zone de confort et infuse une véritable aide pour éviter de verser dans les anathèmes et autres amalgames qui font florès ici et maintenant…..
Le film nous dit en somme : « tu ne dois pas affirmer intégralement ni , surtout , avec n’importe quel intégrisme religieux ou philosophique, quoi que cela soit…. Simple mais efficace…».La carte doit représenter le territoire réel et , évidemment, faire coller le territoire à une carte préférée, préfabriquée est nécessairement une quête absurde , stérile et dangereuse….
Du reste , au début de ce long métrage ,on dit à un enfant : « tu dois apprendre à admettre tes erreurs. ». Nous sommes , toutes et tous , des enfants ….des adultes qui , parfois , trop souvent ne veulent pas « perdre la face ». ( la machocratie est toujours mauvaise conseillère que cela soit un homme ou une femme qui y adhère)et , ainsi , nient toute erreur , coûte que coûte …..
Ainsi , le dernier plan métaphorique de ce film , nécessaire et irréductible, explicite ce qu’il ne faudrait pas réaliser sans dialectique ni empathie!
Merci pour la lecture.
Gérard Michel.